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C’est l’histoire d’une sciatique guérisseuse…

 

Cyril, 35 ans, gynécologue, souffre d’une sciatique gauche depuis environ deux mois.

Le trajet douloureux est grosso modo celui de L5. Il n’y a aucun signe neurologique.

Les examens complémentaires sont normaux.

Les traitements médicamenteux sont inefficaces.

 

Le diagnostic ostéopathique lui permet de prendre conscience des différences de sensation dans son corps, et notamment d’une inertie du bassin comme suspendu sous le thorax, le reste du corps étant libre.

 

Cette sensation est confirmée par le toucher ostéopathique qui ajoute la perception d’une densité particulière au niveau de la trame osseuse du sacrum.

 

Le traitement commence et le travail se focalise immédiatement vers le sacrum, jusqu’à ce que Cyril évoque un traumatisme physique à 7 ans, celui d’une chute à califourchon sur un portail qu’il était en train de franchir malgré l’interdiction de ses parents.

Cette interdiction fut alors inductrice du non-dit de cet accident et du silence imposé sur cette douleur.

 

Les tissus locaux deviennent rapidement libres et respirent.

Pourtant, lorsque mes mains se placent au contact de la tête, le lien du corps ne se fait pas et la zone périnéale devient une zone de fuite, comme un puit sans fond.

… un non-dit…

 

C’est alors que les bulles du passé viennent éclater à la surface du présent.

Elles éclairent l’esprit de Cyril dont le corps commence à respirer librement en ouvrant les retenues d’un souvenir insupportable, celui d’attouchements et agressions sexuelles à 4 ans.

Il comprend, il voit tout, y compris le pourquoi de son métier et la raison de ses douleurs.

 

En lisant cette histoire à travers les tissus du corps, je peux dire que cette sciatique est une fissure dans un corps en défense.

L’enfant n’a pu confier sa souffrance, et, lors de sa maturation neurologique à 7 ans, a trouvé le moyen de créer un bouclier de protection par l’intermédiaire de cette chute au décours d’un geste interdit.

 

Cela veut dire qu’un symptôme doit ouvrir nos mains de thérapeutes bien au-delà de la zone en souffrance. Cela veut dire qu’il faut quitter les concepts de restriction, de lésion ou dysfonction et utiliser le diagnostic ostéopathique aux fins de reconnaître les différentes sensations exprimées par le corps et l’esprit de nos patients.

Cela implique de leur donner de l’espace ainsi qu’une dimension anamnestique, et accorder autant d’importance à chacune des informations perçues.

 

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Une histoire à l’envers…

 …car la consultation se déroule à la fin de l’histoire.

Il est arrivé dans le ventre en même temps que sa sœur et sa vie d’embryon a débuté dans le cocon de l’endomètre utérin.

Il a su qu’elle n’était pas là et ne viendrait pas.

Sans attendre il a choisi son chemin pour vivre.

A cinq semaines de grossesse, maman a vécu l’angoisse et la douleur d’une grossesse extra-utérine.

Et lui, s’est tapis dans le secret de la paroi utérine tandis que sa sœur quittait le chemin et que sa mère, sous anesthésie générale, avait disparue.

Il a vrillé son placenta pour s’accrocher mieux…et, le « miraculé », est arrivé au terme.

Seul le placenta n’a pas suivi. Il a fallu le délivrer par un geste chirurgical afin d’éviter une hémorragie fatale.

 

Il est vivant, entouré, conscient de ce à travers quoi il est passé.

Il intègre les inquiétudes de maman, avec celles de papa.

Il décide de grandir vite, d’être un grand et sérieux garçon dès à présent.

Il sent qu’ils ont besoin d’aide.

Il ne dort plus.

Voici le symptôme prétexte à la consultation ostéopathique.

Il ne dort plus parce qu’il veille et protège ses parents.

Il veut porter pour soulager, capter pour transmuter, leur deuil, leur inquiétude, cette expérience douloureuse.

 

C’est au prix de son enfance sans jeu qu’il entretient sa blessure d’embryon.

 

Et c’est dans cet instant que l’ostéopathe doit connaître la conscience du geste et celle de l’intention, sans jugement ni à priori.

Il doit trouver un état d’observateur et de neutralité pour comprendre les mouvements, les formes, la qualité vitale, qui s’ouvrent sous la main.

Il doit être lucide, chercher la cause, et trouver le processus thérapeutique qui guérit.

Dr Patrick Jouhaud.

 

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Les plagiocéphalies du jeune enfant

 

Cet article a pour but de définir la plagiocéphalie de l’enfant ainsi que ses origines.

Il en découle un processus thérapeutique ostéopathique.

 

La définition de la plagiocéphalie vient de l’association de deux mots grecs « plagio » qui veut dire oblique, et « kephale » qui veut dire tête.

Il s’agit donc d’un crâne asymétrique subissant un aplatissement unilatéral sur sa partie antérieure ou sur sa partie postérieure.

 

Pour ce qui concerne les étiologies organiques il faut écarter la crâniosténose. C’est une fermeture ante natale d’une ou de plusieurs sutures crâniennes. La crâniosténose correspond vraisemblablement à une maladie des sutures et n’est pas du domaine des plagiocéphalies ostéopathiques.

Les étiologies qui concernent l’ostéopathie sont en majorité postérieures. Elles ont une origine positionnelle intra utérine et posturale.

 

 

De fait le crâne doit pouvoir se déformer puisqu’à la naissance les os du crâne de l’enfant sont tous disjoints et de nombreuses fontanelles en émaillent le pourtour.

 

Les déformations dont l’origine est ante natale sont les plus importantes et les plus difficiles à soigner. Elles ne sont pas toujours perceptibles ni visibles à la naissance et se développent rapidement dans les premières semaines de la vie du nourrisson.

 

Elles sont différentes des déformations per natales qui se produisent pendant l’accouchement. Celles-ci pourront être corrigées par un seul traitement ostéopathique.

 

Lorsqu’elles sont d’origine per natales, elles sont provoquées par les circonstances de l’accouchement qu’il soit long, difficile, qu’il soit entravé par un problème de bassin de la maman …  Bref, quelles que soient les circonstances de la naissance, quelles que soient les présentations de tête de l’enfant par occiput antérieur ou postérieur, frontal ou de face, par l’utilisation d’instruments aidant à l’extraction et limitant la souffrance de l’enfant, ces déformations per natales sont toujours visibles à la naissance, souvent accompagnées d’une souffrance immédiate et relèvent d’un traitement ostéopathique immédiatement efficace.

 

Les déformations les plus complexes apparaissent après la naissance. Elles sont la plupart du temps d’origine ante natale, conséquence d’un conflit d’espace, soit par rapport à une multiparité, soit par rapport à des présentations à caractère dystocique.

 

Elles sont majeures, car en augmentation de fréquence considérable dans nos sociétés occidentales. Elles sont révélées par le décubitus dorsal systématique lié à la prévention des morts subites inopinées des nourrissons.

 

 

Elles ne se corrigent pas spontanément et sont toujours du ressort d’un traitement manuel.

 

Le crâne est normal à la naissance ou bien il est déformé par une contrainte. Ces situations sont plus fréquentes chez les garçons que chez les filles et plus fréquentes sur le côté droit que sur le côté gauche ; elles sont favorisées par un torticolis de naissance ou un latérocolis.

 

Elles sont observées si un méplat est présent sur un des deux côtés de l’occiput et si une obliquité est constatée dans l’axe frontal des oreilles. Les plus importantes se manifestent avec une incidence sur la face provoquant une scoliose du visage ainsi qu’une bosse frontale.

 

Le diagnostic différentiel reste la synostose lambdoïde, rare, visible dès la naissance et qui s’exprime par un aplatissement aigu de l’occiput.

 

Pour ce qui concerne les traitements, il faut noter pour mémoire la possibilité d’utiliser des orthèses crâniennes, traitement qui est contraignant, peu efficace et onéreux.

 

Le traitement manuel doit toujours être accompagné de consignes posturales précoces données aux parents : coucher l’enfant en décubitus ¾ opposé à la déformation, le stimuler de façon à ce qu’il tourne toujours sa tête vers son côté difficile, l’alimenter par une approche bilatérale et lui autoriser une position en décubitus ventral au-delà de l’âge de 6 mois.

 

La prise en charge ostéopathique est caractérisée par un modelage de la dure-mère crânienne et une libération de toutes les tensions des bandelettes durales ayant subi le moulage intra-utérin.

 

Toutes les sutures crâniennes sont ainsi déverrouillées.

Le sphénoïde et l’articulation entre l’occiput et le sphénoïde sont également libérés.

 

Il faut, en outre, tenir compte des contraintes périphériques provoquées par celles de la vie fœtale et considérer l’enfant dans sa globalité par rapport à sa posture.

Le latérocolis, voire le torticolis, et donc la déformation crânienne, pourra être provoqué par des contraintes de bassin, d’abdomen ou de thorax.

 

 

Par conséquent, la prise en charge ostéopathique sera toujours globale avec un traitement tissulaire associé parfois à un traitement de relâchement myofascial. Ces traitements s’adressent à l’ensemble du corps du nouveau-né. Techniquement, il s’agit d’une approche manuelle avec une main sous la tête, une main sous le bassin, reproduisant le core-link dans l’élaboration d’un processus thérapeutique synchronisant le lien entre l’occiput et le sacrum.

 

 

 

 

La pression des mains doit toujours être adaptée si tant est qu’il doit y avoir pression des mains.

Une direction sera donnée par l’information tissulaire et la connaissance anatomique de l’enfant ; cette direction devra être suivie.

 

Egalement, la vitesse avec laquelle les tissus de l’enfant informent de la direction à suivre, doit être respectée. Les mains doivent suivre et respecter les arrêts des mouvements ainsi que les reprises.

Il faut être prêt à tout changement de rythme et de direction.

 

La règle est de savoir faire plus, de savoir faire moins, et de savoir attendre.

 

En conclusion, la prise en charge ostéopathique des plagiocéphalies du jeune enfant est préventive pour le devenir du visage de l’enfant ainsi que celui de sa posture. Il est indispensable d’avoir comme objectif de supprimer la présence d’une scoliose du visage. L’enjeu est de prévenir la survenue d’une scoliose de l’adolescent.

 

Lorsqu’il s’agit des plagiocéphalies d’origine ante natale il est important de donner trois ou quatre traitements par an pendant les deux premières années si cela s’avère nécessaire. La répétition des traitements s’explique par l’accompagnement de la croissance rapide du crâne entre la naissance et 2 ans.

 

Le pronostic est excellent avec un résultat esthétique et fonctionnel parfait surtout si la prise en charge est faite avant l’âge de 6 mois.

Au-delà de 2 ans le traitement devient difficile et nécessite d’accompagner l’enfant pendant toute sa croissance.

Dr Patrick JOUHAUD

 

 

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émotion partagée

Il était si faible, petit, léger comme une plume au point que je ne l’ai pas senti la première fois que je l’ai porté dans mes bras.

Il était absent à son corps, comme sans conscience et les yeux sans regard.

Son corps, un objet raide, spastique, comme du bois, allongé sur la table d’examen, ne s’est même pas déplié.

 

Il venait d’être recueilli par un orphelinat, confié à celui-ci par un hôpital à qui cet enfant avait été remis car trouvé sur le bord de la route.

C’est un enfant sans espoir car atteint d’une infirmité de naissance, paralysé, sans aucune progression neurologique, dépendant.

C’est un enfant abandonné car sans avenir productif.

Mes mains d’ostéopathe l’ont traité sur tous les plans, tissulaire et articulaire, ont aidé à une meilleure respiration. Elles ont agi sur les émotions perverses, elles ont aidé à apaiser ce corps à vif.

Il a fallu motiver sa prise en charge par l’entourage car son état nécessitait beaucoup de présence, d’être touché, nécessitait beaucoup de patience.

Je l’ai revu un an après. Il était moins raide, un peu déplié et toujours absent à lui même, indifférent aux autres.

Un second traitement ostéopathique a guidé son corps vers plus d’apaisement, une respiration synchrone.

Et, deux ans plus tard, je vois arriver Sopheat, fier et debout derrière un fauteuil roulant qu’il utilise comme un déambulateur. De loin, il m’appelle, il est méconnaissable et me reconnaît. Son corps s’est réveillé, ses yeux vivent et pétillent. Il communique.

Un grand bonheur se répand sous mes mains… et nous avons joué pendant le traitement.

 

http://www.docosteocam.org/nous-soutenir/

 

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Actualités

Bonjour

 

Tout ce temps où vous n’avez reçu aucun avis de post publié sur mon blog fut consacré à une modification d’organisation.

 

L’espace de travail s’est agrandi et, le site est désormais complété par une page d’information des cours que j’anime notamment en post-graduate.

Le blog perdure et prend le titre de « Paroles d’expérience ». Nul doute qu’il sera de nouveau alimenté par quelques post.

 

L’espace restant du site est dévolue à présenter les formations que j’anime et informe les professionnels ostéopathes du contenu, thème et dates des séminaires à venir.

 

Un enseignement autour de la périnatalité est en cours avec la collaboration du COPB (Collège Ostéopathique du Pays Basque).

Un cours intensif sur cinq jours destiné à l’étude de l’ostéopathie crânienne est programmé pour septembre, toujours avec le COPB.

 

Un séminaire de deux jours, les 28 et 29 mai prochain, sur le thème « Embryologie et Ostéopathie » est organisé à Bordeaux. Toutes les informations à propos de ce cours sont sur http://www.patrickjouhaud.fr/service/osteopathie-et-embryo/

 

Merci de votre fidélité, et, à tout bientôt.

Patrick Jouhaud

 

 

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DOCOSTEOCAM

Naissance d’une association humanitaire.

En 2005, je participais à la première mission ALICA (Amitiés Limousin Cambodge) dont le travail fut d’encadrer et d’aider l’hôpital de Prey Veng (capitale de province). Deux conférences furent données à Phnom Penh afin d’informer le personnel des hôpitaux Preah Kossamak et Calmette de l’action et de l’utilité d’un traitement ostéopathique chez les femmes enceintes et les nourrissons.

En 2006 et 2007, j’ai, de ce fait, donné un enseignement au personnel soignant (Médecins – Sages-femmes, puéricultrices – infirmières) des services de Maternité de ces hôpitaux. Une conférence a été présentée sur ce thème au Congrès international de l’Université de Médecine de Phnom Penh en novembre 2008.

Cette même année, le Dr Roudel m’a rejoint pour effectuer un premier travail ostéopathique chez les enfants du foyer d’orphelins ASPECA de Prey Veng. Cette action s’est reproduite en 2010.

En partenariat avec l’association « Enfants d’Asie – ASPECA » et le Dr Sin, les traitements ostéopathiques ont pu être donnés aux enfants des foyers de Phnom Penh en 2012. Le Dr Van Acker s’est associée à cette action.

En 2013, après avoir effectué une nouvelle action, nous avons décidé de créer

DOCOSTEOCAM

Afin d’être informé et nous soutenir, je vous invite à consulter régulièrement le site de l’Association « Ostéopathes pour les Enfants du Cambodge »

à l’adresse www.docosteocam.org

Merci de diffuser cette information sur vos réseaux sociaux et auprès de tous vos amis.

Patrick JOUHAUD

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Victor, enfant espoir.

Il a 3 ans, une belle maturité, parle comme un adulte, et vient accompagné de sa maman.

Cet enfant a développé les mois écoulés un comportement violent et jaloux lors de l’arrivée chez la gardienne d’un nouvel enfant plus jeune que lui.

Cette attitude inquiète les parents. Ils viennent demander aide et conseils.

Il est fils unique.

Sa fécondation s’est faite in vitro (éprouvette), et deux embryons furent implantés. Lui seul a poursuivi le chemin. Cette grossesse avait été précédée de quatre fausses couches et d’un long parcourt des parents dans la procréation médicale assistée.

Cette attente fut douloureusement vécue par la maman.

Ils portent, lui et elle, le deuil de cinq échecs.

La densité particulière de son corps est perçue par mes mains et sa réaction générale témoigne d’un refus d’être touché. Sa forte personnalité s’exprime avec une violente colère. Un temps se passe pendant lequel l’enfant évite tout contact, y compris avec maman. Un autre, plus apaisé, permet une première approche par le jeux. J’ai l’impression d’être la souris, lui, le chat.

C’est alors que maman raconte ce passé lourd d’émotions. Elle exprime ses espoirs et ses peurs, ses joies éphémères suivies de l’angoisse de l’échec.

L’enfant se détend et le contact se fait alors.

Pendant ce récit, mes mains suivent les tensions du corps de l’enfant. Elles sont partout dans son corps et dans sa tête. Lorsque survient un premier relâchement, il est de courte durée. Le travail de démêlage tissulaire se poursuit. Je deviens le chat, lui, la souris.

Une autre densité apparaît dans mes mains, cette fois ci, autour de lui, comme s’il était dans un bocal… serait ce l’éprouvette ?

Une grande tristesse passe dans ses yeux en même temps que dans la voix de maman qui poursuit son récit.

Victor a forgé depuis ces instants là sa force de caractère, sa puissance d’être celui qui va vivre et vaincre la mort des autres.

Il est devenu le Maître de son espace. Il se sent seul capable de vaincre les fantômes de la famille.

Ses liens sociaux sont par conséquent difficiles et conflictuels.

C’est à la fin seulement de l’histoire racontée que les armures de protections contre la morbidité se sont volatilisées. Une profonde respiration s’est installée chez Victor tandis qu’un vrai lien s’est ouvert entre lui et sa maman.

L’enfant espoir peut devenir enfant.

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Bébé d’Ostéopathe…

 

L’ainé, porteur de mémoire familiale.

 

Pierre a 6 ans…

Il se laisse porter par la vie. Son corps est fermé, petit, presque effacé…un chaton effarouché, méfiant.

Maman et Mamie l’accompagnent.

Elles disent : il a peur de tout, est très craintif de chaque chose de la vie, dissipé à l’école, il répond et ses mots sont plutôt agressifs, fait souvent de violentes colères, ne mange rien.

J’entend : il n’aime pas l’imprévu, les changements, très doué à l’école pour ne pas s’y ennuyer, est porteur d’une émotion trop lourde pour lui.

Maman évoque une grossesse de rêve, un accouchement long et difficile, puis un lien d’opposition permanente avec son fils. Elle compare avec son second, 3 ans, avec lequel elle entretient un lien fusionnel et qui lui fait beaucoup de câlins…sous entendu, ce qui n’est pas le cas de Pierre !

L’ange de la jalousie passe.

Mamie enfonce le clou, et l’espace se referme.

Pierre est sur ma table. Mes mains se posent sur lui. Elles sont aimantées immédiatement vers son ombilic. Une densité tissulaire autour du nombril et dans le ventre donne la sensation d’un volume empâté. Le cordon ombilical n’est donc toujours pas coupé.

Lorsque je pose la question à Maman de l’état du placenta et des conditions de la délivrance après la naissance de Pierre, elle évoque une difficulté et le fait que quelques éléments de ce placenta encore présents dans la paroi utérine ont nécessité une petite intervention gynécologique huit jours après.

Pour la première fois, elle est déstabilisée, une émotion passe dans son regard.

A ce stade, on peut dire qu’un cordon ombilical virtuel fonctionne entre la mère et son fils et entretient un lien fusionnel conflictuel. Le conflit est dans les émotions, il est aussi alimentaire, il interdit le toucher, les caresses et les câlins.

Mes mains travaillent sur le ventre de Pierre, touchent ce cordon virtuel, et entreprennent un traitement de démêlage tissulaire.

C’est pendant cette phase thérapeutique que la lumière va dissiper les ombres des non dits et dénis. Maman dit qu’elle est une enfant adoptée. Mamie raconte l’abandon du bébé par la maman biologique chez des gens âgés qui l’ont élevée jusqu’à 5 ans.

Sa déstabilisation est totale. Elle s’effondre en larmes. L’abcès du sentiment d’abandon est percé. Cette peur d’être abandonné est portée par son fils depuis la conception et jamais jusqu’alors ce passé n’avait été évoqué.

Les tissus du ventre de Pierre se détendent enfin. L’attachement entretenu par un cordon ombilical virtuel est dénoué tandis qu’un vrai lien s’ouvre.

C’est le début d’une grande histoire pour lui.

 

 

 

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Histoire de schéma corporel.

 

 

Monsieur Pion se présente à la consultation car il souffre d’une douleur musculaire de toute sa jambe droite.

Cette douleur est permanente à l’effort, quel qu’il soit, disparaît au repos. Elle se manifeste dés qu’il se déplace et réduit son périmètre de marche.

Il a 68 ans, et, en raison d’une cardiopathie, prend un traitement médical pour ses artères coronaires, dont un anticoagulant.

Les symptômes sont présents depuis environ trois mois.

Un bilan cardiologique a été effectué. Il est stable et sans rapport avec la douleur actuelle. Egalement, un bilan de ses artères des membres inférieurs est normal.

 

L’examen ostéopathique met en évidence une rigidité de toute la jambe droite. Les douleurs siègent sur le mollet et la face postérieure de la cuisse (muscles ischio-jambiers).

Il n’y a pas de signes neurologiques, et ce n’est pas une sciatique !

Par contre, il boite de façon imperceptible et les muscles de cette jambe ont perdu de leur puissance et de leur volume (-2cm de périmètre de cuisse par rapport à la jambe gauche).

 

Et, me dit-il, « je suis tombé dans ma cuisine il y a environ 6 mois en faisant un grand écart, jambe droite en avant ».

Un diagnostic de claquage des muscles en question fut posé. La jambe de Mr Pion est restée bleue, mauve et noire pendant quelques semaines.

C’est à ce moment là que la douleur et la blessure ont provoqué une stratégie d’évitement des appuis sur cette jambe. La fonte musculaire et la boiterie se sont insidieusement installées.

Mr Pion a occulté de son schéma corporel le fonctionnement de cette jambe.

Ce schéma est l’image inconsciente que l’on se fait de nous même ; il influe sur la perception spatiale et les stratégies de posture et de fonctions de notre corps. La stratégie d’amputation de l’image est ici destinée à oublier les informations douloureuses provoquées par la blessure.

 

Le traitement ostéopathique, tissulaire puis de réintégration dans le schéma corporel, a immédiatement libéré les fonctions de cette jambe. Une technique d’auto traitement de la proprioception (sensibilité profonde et perception spatiale) lui a permis d’obtenir un soulagement définitif dans les jours qui ont suivis.

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Sciatique et dialogue des mains.

Sciatique, …vous avez dit…sciatique ?

 

Mr Tartan, 48 ans, souffre d’une sciatique de la jambe gauche depuis trois à quatre ans.

Ces douleurs sont invalidantes et le gênent dans chaque instant du quotidien. Les positions de repos sans douleur sont longues et difficiles à trouver.

 

Aucun traitement médicamenteux ne l’a réellement soulagé.

Les examens d’imagerie médicale ne montrent qu’une discopathie lombaire sans caractère agressif. Il n’existe aucun signe de souffrance de sa moelle épinière.

Bien sûr, il n’existe pas de solution chirurgicale.

Comme Mr Tartan insiste et persiste dans sa demande d’être soulagé, on multiplie les examens, jusques et y compris du cerveau, pour finir par évoquer une possible fibromyalgie !

…Et pourquoi pas une hystérie ?

 

A cet instant de l’histoire, je voudrais vous suggérer d’imaginer le coût de la succession d’examens, de consultations, d’essais thérapeutiques, sans oublier les arrêts de travail successifs et finalement la nécessité d’un reclassement professionnel.

Et toutes ces semaines et ces mois à souffrir, et ne pas vivre.

 

Mais revenons à cette consultation.

L’examen ostéopathique révèle une fausse sciatique. Il s’agit d’une douleur diffuse sur un trajet du nerf sciatique qui ne suit pas exactement le trajet neurologique et anatomique du nerf sciatique. D’ailleurs, l’examen neurologique est normal.

Lorsque je demande à Mr T de faire quelques pas dans le cabinet, je vois et entend qu’il pose lourdement son pied gauche sur le sol.

La palpation de sa cheville, alors qu’il est allongé, donne à ma main la sensation de quelque chose de dur et rigide. Il y a presque une défense lors du toucher léger.

Sa cheville n’est pas libre.

Au moment où je m’apprête à lui demander quand et comment il a blessé sa cheville, il explique spontanément qu’une bille de bois lui est tombé sur le coup de pied.

Et…il y a longtemps ?

Quatre ans fut sa réponse !

 

Voici donc l’exemple d’un dialogue simple des mains et des tissus, du toucher et des mots, qui annulent le déni d’une blessure et l’oubli d’un interrogatoire détaillé.

Le diagnostic révélé ici est celui d’un blocage de la cheville responsable d’une dysfonction du tibia (dite « tibia distal antérieur »). Cette dysfonction déclenche à la longue des signes de sciatique dans la jungle desquelles on se perd.

Le traitement de la cheville a traité la sciatique sans avoir à toucher le dos.

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