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Bébé d’Ostéopathe : la culpabilité parentale

 

Léana, 7 jours, vient au cabinet avec ses parents, car elle a beaucoup de coliques et dort très peu.

Elle est née par césarienne programmée du fait d’une présentation en siège. Ce geste est couramment pratiqué par les obstétriciens car il permet d’éviter les risques liés à une naissance avec présentation dystocique du bébé.

Remarque : Une césarienne est une intervention chirurgicale visant à extraire un enfant de l’utérus maternel par incision de la paroi utérine. Le mot « césarienne » dérive du latin caesar qui veut dire enfant né par incision, (du verbe caedere : couper, inciser) d’où viendrait le surnom porté par Jules César (qu’il a hérité d’un de ses ancêtres qui, lui, serait né par césarienne).

La position en siège du fœtus ferme son bassin et son ventre, crée une contrainte sur les intestins et l’estomac qui parfois est refoulé vers le haut, responsable alors d’un reflux gastro-œsophagien. Outre les difficultés digestives, l’enfant peut avoir une pathologie de hanches et se présente toujours en flexion antérieure (penché en avant).

Dans le cas présent, le traitement ostéopathique « démêle » les contraintes tissulaires. Léana se redresse et commence à prendre appuis sur son diaphragme.

Cependant, les questions des parents se font pressantes : « elle n’a pas choisi le moment de sa naissance », « elle n’est pas née normalement », « il lui manque quelque chose de ne pas être passée par les voies naturelles » (sous-entendu, elle n’a pas souffert et ça va lui manquer !)…, « elle s’endort en prenant son repas »….

A ces mots, l’ambiance devient tendue et lourde. Madame Culpabilité fait son entrée, accompagnée de Mr Remord tandis que la Star Colère et ses fans du club des Agacés préparent leur fanfare !

Léana se referme et j’ai la sensation qu’elle se raccroche dans le ventre maternel (d’ailleurs à cet instant, maman touche sa cicatrice qui lui fait mal et papa se gratte la tête !).

Je lis dans son regard et perçoit dans mes mains un appel : « aide-les ! », tandis que le corps de Léana se tourne vers ses Parents, comme pour leur parler.

Le dialogue est de dire que, quelles que soient les circonstances, l’enfant choisit toujours sa date de naissance, l’équipe obstétricale prend toujours les bonnes décisions au bon moment dans le but de protéger la vie de la mère et de l’enfant ainsi que de limiter la souffrance. Les mots atténuent les maux inconscients générés par la souffrance biblique de l’enfantement, etc., etc……

Un dialogue du cœur s’installe.

J’ai l’impression de faire renaître Léana dans la détente et le sourire. Maman n’a plus mal au ventre, Papa ne se prend plus la tête et même plaisante… un ange passe… et Léana, jusqu’alors en position verticale entre mes mains, en profite pour se pencher sur un côté, prend appuis sur son diaphragme, et utilise le contact de mes mains pour effectuer le retournement qu’elle n’a pas fait avant l’accouchement !

Un échange de regard entre nous tous délivre la fin du traitement.

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Comprendre autrement la lombalgie

Il est toujours étonnant de constater que l’on peut se faire mal au dos en soulevant une charge lourde autant qu’en ramassant le stylo que l’on vient d’échapper, de voir arriver au cabinet un sportif en bonne forme, en pleine possession de sa masse musculaire, victime d’un lumbago en laçant sa chaussure tandis qu’une personne de 70 ans aura bêché son jardin et charrié des brouettes de gravas sans se faire mal.

Allons plus loin…nous connaissons tous quelqu’un, ayant souffert du dos, ayant été traité (médicaments, infiltration, élongations, chirurgie si nécessaire, rééducation et musculation, manipulations…), qui récidive sans cesse ce même problème.

Que se passe-t-il dans le corps, les muscles, le dos ?

On évoque alors l’incompétence du thérapeute, un problème psycho-émotionnel, le stress de notre société, l’alimentation, le climat, la lune, et bien d’autres choses encore.

Voici une autre lecture, tellement évidente, qu’elle va vous surprendre.

Nos muscles ont deux activités.

L’une dite phasique, correspond à la masse musculaire acquise par le sport, une rééducation chez un kiné, la vie active, bref, toute activité physique. C’est une partie de nos muscles qui évolue au cours de notre vie et sera de toute manière différente pendant l’enfance, la vie adulte et le vieillissement.

L’autre activité est dite tonique. C’est une part musculaire acquise à l’âge de six ans qui reste constante (sauf dérèglement ou accident) jusqu’à la mort. Cette activité est chargée de maintenir et contrôler notre posture par rapport à la gravité. Elle est issue de la transformation d’un système neuromusculaire dit primitif présent à la naissance, en un système évolué et stable à partir de 6 ans.

Cette activité peut être testée. Si elle est équilibrée, le même tonus apparaîtra chez l’enfant de 6 ans, l’athlète surentraîné, un gringalet, un vieillard. Si les tests montrent une anomalie de ce tonus postural, par exemple, l’athlète se fera mal au dos en permanence tandis que son ami gringalet sera en permanence au top de sa forme si ses tests sont normaux.

Cela veut dire qu’avant de s’intéresser à la musculation, il faut tester et traiter si nécessaire l’activité tonique musculaire.

L’Ostéopathie est un outil majeur de dépistage et de traitement lorsqu’existe une dérégulation de cette activité de synchronisation de la posture.

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Les réflexes primitifs

 

 

Lors de sa naissance, l’enfant quitte le milieu confortable et protecteur de l’utérus maternel pour pénétrer dans un monde où il se trouve assailli par une quantité inhabituelle de stimuli.

Il ne peut interpréter immédiatement toutes ces informations, et doit réagir selon leur intensité et leur soudaineté.

Il vient d’un monde stabilisé pour pénétrer dans un monde chaotique. Le froid et la chaleur ont remplacé la douceur, l’alimentation automatique n’est plus disponible, il ne bénéficie plus de l’oxygène maternel.

Il doit apprendre à chercher et trouver de quoi assouvir ses propres besoins.

Pour ce faire, il est équipé d’un « set » de réflexes primitifs ou archaïques. Ils sont automatiques, stéréotypés, sous la commande directe du cerveau et sans participation corticale.

Ces réflexes primitifs sont essentiels à la survie du bébé pendant ses premières semaines de vie ; ils constituent en outre un entraînement à l’acquisition ultérieure de nombreux savoir-faire.

Cependant, leur durée est limitée dans le temps ; ils sont inhibés ou contrôlés par les centres supérieurs du cerveau qui permettent à l’enfant une évolution vers une structuration neurologique et motrice complexe et sophistiquée.

Cette structuration met en place un système neuromusculaire d’adaptation à la pesanteur, que l’on appelle posture. Ce système correspond à l’activité musculaire tonique.

 

 

 

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Bébés d’ostéopathe: lettre à une nouvelle maman

Chère nouvelle maman,

Le bébé que vous attendiez est là et vos rêves, « bien plus bleus que la vie », deviennent une réalité. « Le plus beau jour est celui d’aujourd’hui ». La réalité de la vie peut être une briseuse de rêves et si votre bébé a des difficultés à se nourrir, lisez ce qui suit.

Il n’est rien de meilleur que le lait d’une maman pour son enfant et un enfant ne se laisse jamais mourir de faim. N’écoutez pas les voix culpabilisantes qui évoquent le fait que votre lait n’est pas bon ou que vous n’en n’avez pas assez. C’est faux ! Ne pensez pas que votre enfant est fainéant. C’est faux !

Il arrive souvent que le nouveau-né ait du mal à se mettre au sein, à stimuler ainsi la montée de lait, parce qu’il a une anomalie de fonction de la langue.

Normalement, sa langue doit s’incurver en gouttière pour happer et sucer le mamelon. S’il l’échappe sans cesse, si celui-ci roule dans sa bouche, si vous avez des irritations, voire des crevasses, si la durée du repas est de dix minutes ou d’une heure, si bébé n’est jamais rassasié…c’est que la succion n’est pas efficace.

Egalement, si vous le nourrissez au biberon, il va mal contrôler le débit de la tétine. Trop de lait dans la bouche va provoquer une sensation de noyade et au mieux, du lait va s’écouler de part et d’autre de ses lèvres. Pas assez, l’air est avalé avec le lait.

Dans tous les cas de figure, l’enfant s’agace, vous agace, pleure. Ses coliques deviennent fortes et douloureuses. La vie à la maison peut vite devenir un cauchemar.

Le réflexe de succion fait partie d’un set de réflexes dits « primitifs » qui équipent le nouveau-né. Il est automatique et existe avant la naissance. Ce réflexe peut ne pas exister ou être perturbé pour diverses raisons.

Sachez chère nouvelle maman qu’un traitement ostéopathique précoce pourra vous libérer de cette difficulté. C’est un traitement délicat qui s’adresse à la fois aux muscles de la langue, à la mâchoire, et à l’arrière de la tête (zone d’émergence du nerf de la langue). C’est un traitement que vous saurez compléter par la meilleure des stimulations de la langue, la parole.

L’instant du repas restera ainsi celui d’un échange amoureux extrêmement fort et incroyablement prés.

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Le cancer du pêcheur

 

Avertissement : il va de soi que les techniques qui renforcent la puissance d’être aident à la guérison en stimulant la capacité innée du corps à s’auto guérir et qu’elles ne remplacent en aucun cas les protocoles de traitements proposés par les services de santé publique.

 

Voici l’histoire d’une rencontre, un point lumineux dans une vie.

 

C’était il y a quelques années. Je passais les vacances à découvrir les îles de La Madeleine. Ces îles sont un chapelet du bout du monde, perdues au milieu du golf du fleuve Saint Laurent, un petit paradis peuplé essentiellement de pêcheurs de langoustes et d’espadons selon la saison.

L’hiver, les phoques viennent y mettre bas leurs bébés, l’été, quelques touristes se promènent au milieu des maisons en bois colorées du Québec et sur les bords des falaises en terre rouge, ou encore sur les plages tapissées de coquillages.

 

Il est midi, et je marche le long d’une falaise.

Le soleil est au zénith, un vent frais anime la houle du golf et la mer vient caresser la terre rouge. Un banc invite à s’asseoir, face au grand bleu et son écume, face aux terres rouges, face à soi-même.

Les pensées vont et viennent, c’est le temps d’une méditation.

 

Comme toujours en voyage on se croit seul au milieu de nul part, et comme toujours, survient un personnage… venu d’ailleurs.

Un homme, environ 50 ans, passe devant moi, s’arrête un peu plus loin, attend, lui aussi face à la mer.

Il m’observe, semble hésiter, fais demi tour et viens s’asseoir à côté de moi.

Il respecte mon silence un certain temps, puis me demande si je suis en train de méditer ! Car un homme seul face à l’eau et au ciel, ne peut selon lui que méditer…

 

Poliment et avec respect, il s’insère progressivement dans mes pensées, et me raconte sa méditation.

 

Cet homme, pêcheur de langoustes et d’espadons, a développé quelques années auparavant un cancer de la gorge, une forme grave et compliquée. Un traitement médical adéquat fut effectué. D’autres traitements de soutien du corps, type acupuncture ou phytothérapie, furent associés.

La maladie ne guérissait pas. Les plaies chirurgicales s’infectaient. Son état général faiblissait. Un glissement progressif vers une issue fatale semblait inéluctable.

 

C’est alors que cet homme a visité sa vie, et qu’une image a éclairé sa pensée : pendant la pêche, son bateau était toujours accompagné d’une nuée de mouettes et d’albatros. Ces oiseaux précèdent et suivent le bateau pour profiter des poissons que le pêcheur rejette, des déchets alimentaires des repas, des abats des poissons préparés… des poubelles en quelque sorte !

 

Ce qu’il a fait ensuite est merveilleux. Il a médité en se visualisant debout, à la proue de son bateau, face à l’océan. Tous les jours, il a appelé les oiseaux, il a ouvert sa bouche, sa gorge, son corps. Il a offert son mal aux oiseaux.

Il lui est arrivé de méditer ainsi sur son bateau en pleine mer.

Et les oiseaux sont venus au festin ! Chaque jour une nuée de mouettes venait becqueter son mal.

Les plaies du pêcheur ont cicatrisé. Il a guéri et navigue encore sur son bateau.

 

Il me raconte son histoire. Ses yeux pétillent de joie et d’espoir. Sa voie est mélodieuse.

Puis il est parti, continuant sa promenade et me disant qu’on ne se reverrait sans doute jamais ici bas !

Je suis resté ébahi, rempli d’un bonheur rare et précieux. J’espère vous le transmettre aujourd’hui.

Nous étions heureux lui et moi de ce partage. Notre accolade d’adieu fut fraternelle et gorgée de gratitude.

Si vous le croisez un jour, il vous racontera sûrement ce que je lui ai confié.

 

 

 

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Stress et sentiment d’abandon.

Les situations de stress d’un enfant prennent parfois des dimensions dramatiques, c’est le cas de Rémi, 2 ans. Il vient à ma consultation accompagné par ses parents adoptifs.

 

Nous n’avons aucun renseignement sur la naissance ainsi que sur les parents biologiques de Rémi.

Simplement cet enfant décline sa vie de colères en colères et refuse de manger. Il prend donc peu de poids et son développement commence à accuser un certain retard.

 

Son bilan médical et biologique est normal.

 

De façon surprenante pour un enfant de 2 ans, Rémi s’allonge docilement sur la table et se laisse examiner, docilement, et même passivement !

C’est comme si rien ne l’intéresse. Je crois pouvoir commencer un traitement ostéopathique et rien ne se produit pendant un long moment : aucune sensation de blocage, aucun diagnostic de restriction, aucune tension.

 

J’ai toujours retrouvé ce paradoxe chez les enfants abandonnés.

 

Au premier contact, l’enfant ne montre rien si ce n’est son indifférence.

 

J’ai vécu ce paradoxe en traitant les enfants d’un orphelinat au Cambodge. Nous étions trois ostéopathes à travailler, et, à la fin de la première journée de consultation, nous avions tous les trois des bilans ostéopathiques quasi normaux et satisfaisants.

Les enfants défilaient sous nos mains avec un sourire et de grands yeux tristes, nous remerciaient et repartaient.

J’ai décidé alors de reprendre le travail en centrant notre attention uniquement sur les zones émotionnelles du corps.

 

Ce fût une énorme surprise : immédiatement la sensation d’un volume sans forme organisée, avec la consistance d’une pierre (tombale ?), venait entre les mains.

Dans le même instant la respiration de l’enfant devenait superficielle, voire haletante.

 

Le traitement a consisté à contrôler et tenir cette forme jusqu’à ce que la respiration de l’enfant redevienne normale et apaisée, jusqu’à ce que cette densité disparaisse.

Souvent, à la fin du traitement, l’enfant s’endormait.

 

C’est donc cette même expérience qui m’a aidé à traiter Rémi.

Désormais, il réclame lui-même un traitement régulièrement.

Onze ans plus tard, l’approche de la puberté a créé les conditions d’une nouvelle naissance.

Sa souffrance primitive s’est réinstallée.

 

J’ai alors utilisé la verbalisation, tout en conservant le contact entre mes mains et sa tête, comme avec Florent, m’adressant ici directement à Rémi. Je lui ai demandé de me parler de sa naissance.

Son silence interloqué a été accompagné dans mon toucher par la transformation d’une sensation amorphe et dense comme une pierre en celles de tentacules animés.

Puis il a parlé, comme s’il racontait un vieux rêve…

 

Les mouvements paradoxaux sous mes mains se sont arrêtés et Rémi s’est endormi.

Il a demandé les jours suivants à visiter son Pays natal.

 

 

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Bonne année…!

Je vous souhaite beaucoup de bons moments en 2012…et pour débuter, j’ai trouvé sur Internet le texte suivant.

Voici la version d’une question « bonus » de chimie posée à l’université de Nanterre.
La réponse d’un étudiant a été si loufoque que le professeur l’a partagée avec ses
collègues, via Internet, et c’est pourquoi vous avez le plaisir de la lire ….

Question Bonus: « l’enfer est-il exothermique1 ou endothermique2 »
(1 : évacue la chaleur, 2 : absorbe la chaleur)

La plupart des étudiants ont exprimé leur croyance en utilisant la loi de Boyle (si un gaz
se dilate il se refroidit et inversement) ou ses variantes.
Cependant, un étudiant eut la réponse suivante:
Premièrement, nous avons besoin de connaître comment varie la masse de l’enfer avec le
temps. Nous avons besoin de connaître à quel taux les âmes entrent et sortent de l’enfer.
Je pense que nous pouvons assumer sans risque qu’une fois entrées en enfer, les âmes
n’en ressortiront plus. Du coup aucune âme ne sort.
De même pour le calcul du nombre d’entrées des âmes en enfer, nous devons regarder le
fonctionnement des différentes religions qui existent de par le monde aujourd’hui.
La plupart de ces religions affirment que si vous n’êtes pas membre de leur religion, vous
irez en enfer. Comme il existe plus d’une religion exprimant cette règle, et comme les gens
n’appartiennent pas à plus d’une religion, nous pouvons projeter que toutes les âmes vont
en enfer…
Maintenant, regardons la vitesse de changement de volume de l’enfer parce que la Loi de
Boyle spécifie que « pour que la pression et la température restent identiques en enfer,
le volume de l’enfer doit se dilater proportionnellement à l’entrée des âmes ». Par
conséquent cela donne deux possibilités:
1) si l’enfer se dilate à une moindre vitesse que l’entrée des âmes en enfer, alors la
température et la pression en enfer augmenteront indéfiniment jusqu’à ce que l’enfer
éclate.
2) si l’enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d’entrée des âmes en enfer, alors
la température diminuera jusqu’à ce que l’enfer gèle.
Laquelle choisir ?
Si nous acceptons le postulat de ma camarade de classe Jessica m’ayant affirmé durant
ma première année d’étudiant « Il fera froid en enfer avant que je couche avec toi », et en
tenant compte du fait que j’ai couché avec elle la nuit dernière, alors l’hypothèse doit être
vraie. Ainsi, je suis sûr que l’enfer est exothermique et a déjà gelé … Le corollaire de cette
théorie c’est que comme l’enfer a déjà gelé, il s’ensuit qu’il n’accepte plus aucune âme et
du coup qu’il n’existe plus… Laissant ainsi seul le Paradis, et prouvant l’existence d’un
Etre divin ce qui explique pourquoi, la nuit dernière, Jessica n’arrêtait pas de crier « Oh….
mon Dieu !…. »
(Cet étudiant est le seul ayant reçu la note 20/20)

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L’enfant qui refusait de manger…

Inès est arrivée à la consultation aujourd’hui. Elle a deux ans et demi. Sa maman l’accompagne et me parle d’une enfant qui mange peu et de moins en moins depuis plusieurs mois.

Inès est petite, timide mais présente ; elle accepte le contact et semble touchée lorsque je lui dis bonjour et la complimente sur ses vêtements, ses cheveux. Elle a une apparence sérieuse, trop, et renvoie une image plus âgée que la réalité.

Par rapport à son problème médical, je constate simplement un léger aplatissement de la courbe de prise de poids sur les trois derniers mois. L’ensemble du bilan médical et pédiatrique est normal ; un examen biologique est également normal. Sa maman me signale simplement une succession d’infections rhino-pharyngées dont le cycle est arrêté après un traitement homéopathique.

Mes tests cliniques médicaux, neuro-fonctionnels et ostéopathiques sont normaux.

Lorsque je touche la tête d’Inès et la prend dans mes bras, je ressens une immense angoisse et j’ai l’impression d’être aspiré vers le bas. Une sensation morbide m’envahit. Sous mes mains, les centres émotionnels de son cerveau sont anormalement en tension. A mes questions, la maman d’Inès ne me signale aucun deuil dans la famille depuis sa grossesse et la naissance d’Inès.

J’interroge Inès avec mes mains, un dialogue dans l’inconscient se met en place.

C’est alors qu’apparait dans ma pensée l’image de sa petite sœur, née alors qu’Inès avait 18 mois. Et je comprends la jalousie d’Inès, sa souffrance, sa peur de ne plus être le centre de la famille, ses angoisses lorsque son papa et sa maman s’occupent de « l’autre », et la délaissent. Je comprends son envie de la jeter à la poubelle, de la taper, de s’en débarrasser pour que tout soit comme avant…. Et je le dis, à Inès, à sa maman ; j’explique que la jalousie de l’aîné d’une famille est quelque chose de normal, de physiologique. Ce quelque chose est une émotion qui fait sécréter des hormones en rapport avec la peur et la colère ; les centres émotionnels du cerveau sont en tension car très sollicités, l’enfant peut même déprimer.

En l’occurrence, Inès crée un conflit alimentaire, entre en compétition avec sa sœur, et il faut le désamorcer tout de suite afin d’éviter une dérive anorexique, et un conflit familial.

Certes la technique ostéopathique crânienne et sa composante biodynamique prend ici sa place pour traiter Inès, mais la verbalisation de ces attitudes concourt à la détente de l’enfant dont le regard et le sourire montrent qu’elle est heureuse d’avoir été comprise.

J’explique que le comportement d’Inès, ses gestes vifs envers sa sœur ne sont qu’appel à l’aide pour trouver sa place, comme avant, même si c’est impossible. Et je dis surtout que la seule réponse à donner à Inès est un câlin, un geste et des mots d’amour, et que le seul fait de dire à l’enfant quelque chose qui ressemble à « je comprends ce que tu veux me dire, je t’aime et je vais t’aider » suffira à régler ce conflit immédiat.

Oui, j’affirme que le vrai dialogue amoureux est thérapeutique. Je l’ai à nouveau senti dans mes mains aujourd’hui.

 

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Les différentes techniques utilisées en ostéopathie

L’étudiant en ostéopathie apprend un certain nombre de techniques. Elles lui permettent d’acquérir une connaissance élargie d’un savoir-faire qui se bonifiera avec l’expérience. Ces techniques sont comme des outils qui viennent remplir une mallette ; le thérapeute devra savoir utiliser le bon outil au bon moment.

Les techniques ostéopathiques se décomposent en deux grandes familles :

 

  • Les techniques structurelles directes et indirectes.

 

– Les techniques structurelles directes utilisent la notion de barrière précédemment citée en dirigeant les tissus vers la barrière de la dysfonction.

 

Ce sont des techniques articulaires : H.V.B.A. (Haute Vélocité Basse Amplitude), B.V.H.A (Basse Vélocité Haute Amplitude), inversion de paramètres ou bien des techniques musculaires, T.O.G. (Technique ostéopathique Général), SCS (technique de pression et d’appui musculaire), R.P.I. (Relâchement Post Isométrique).

 

– Toujours par rapport à la barrière, mais cette fois ci en aidant les tissus à se déplacer vers la barrière physiologique et non plus vers la barrière de restriction, ce sont les techniques structurelles indirectes.

 

Elles peuvent être articulaires (Techniques de Maigne), elles peuvent être d’équilibration ligamentaire, ou bien encore d’inversions de paramètres. Elles peuvent également être musculaires et cela comprend à nouveau le T.O.G. et des techniques de relâchement myofascial.

 

L’association de techniques ostéopathiques allant dans le sens direct et dans le sens indirect, l’indication posturale, l’âge du patient, le plan thérapeutique de l’ostéopathe, et bien d’autres choses encore… créent une infinité de possibilités.

 

 

  • Les techniques fonctionnelles.

 

– Les techniques fonctionnelles vont toujours dans le sens du mouvement d’aisance tissulaire et sont basées sur la respiration. C’est ici une notion fondamentale de l’écoute manuelle.

 

Les différentes techniques utilisées par l’ostéopathe s’inscrivent dans un plan thérapeutique élaboré après un diagnostic médical puis ostéopathique et prennent en compte le patient dans sa globalité.

 

Toutes ces techniques nécessitent un long apprentissage et beaucoup d’expérience.

 

Il existe parfois quelques réactions secondaires passagères (douleurs et courbatures, fatigues et somnolences, euphories, …). Ces réactions n’excédent en général pas deux ou trois jours et cessent spontanément.

 

Les accidents sont rarissimes (1 sur 2 000 000 d’actes).

 

Un intervalle de trois à six semaines, voire trois mois est toujours nécessaire entre deux traitements ostéopathiques.

 

 

 

EN CONCLUSION

 

Un traitement ostéopathique nécessite un diagnostic médical préalable indispensable, suivi d’un diagnostic ostéopathique qui permettra d’élaborer un traitement ostéopathique.

 

Ce traitement ostéopathique fait partie intégrante de différentes possibilités thérapeutiques mises à la disposition des médecins.

 

L’ostéopathie nécessite une parfaite connaissance de l’anatomie, de la biomécanique et des techniques.

 

La prescription de l’ostéopathie nécessite la connaissance des différents acteurs du paysage ostéopathique français, de leurs champs de compétence respectifs réglementés, et des responsabilités de chacun.

 

Les techniques spécifiques sont sans danger.

Il s’agit d’un traitement non médicamenteux de la douleur.

Par une action rapide et un coût moindre, le traitement permet de soulager un patient avec peu ou pas d’arrêt de travail.

C’est une thérapie active en prévention et en santé publique.

 

 

 

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Indications et contre-indications de l’ostéopathie

 

Les indications de l’ostéopathie comportent toutes les affections mécaniques de la colonne vertébrale (lombalgies, dorsalgies, cervicalgies chroniques ou aiguës, douleurs vertébrales projetées…).

 

Egalement sont concernées par un traitement ostéopathique les affections mécaniques articulaires périphériques (entorses, tendinites, capsulites…)

Autres indications : les névralgies d’origine mécanique (douleurs inter costales, cervico-brachiales, sciatiques, névralgie de Arnold, syndrome des scalènes, canal carpien…).

 

Toute indication d’un traitement ostéopathique nécessite un diagnostic médical préalable. Ce diagnostic est essentiel avant d’envisager de traiter en ostéopathie des troubles de l’équilibre, des céphalées, des acouphènes, des affections de l’articulation temporo-mandibulaire et les syndromes d’algodystrophie de l’articulation manducatrice (SADAM), ainsi que toutes les souffrances du nourrisson.

 

Il faut noter également des indications à visée préventive dans tous les domaines de la posturologie, les raideurs post fracturaires, les maladies rhumatismales en dehors des poussées inflammatoires, les insuffisances respiratoires, les affections O.R.L., certaines affections circulatoires, digestives et gynécologiques.

 

Enfin il s’agit d’un traitement de choix à caractère préventif chez les sportifs, les musiciens, les travailleurs avec mouvements répétitifs ou station immobile prolongée.

Ces indications peuvent nécessiter une consultation une à deux fois par an, ou après un traumatisme ; on peut retrouver de telles indications en obstétriques (lombalgie de la femme enceinte, dystocie de présentation), ou après un accouchement.

 

Les contre-indications absolues à un traitement ostéopathique sont :

– L’absence du consentement du patient et l’existence d’un diagnostic médical de contre-indication.

 

Il existe également des contre-indications relatives.

 

Cependant l’ostéopathe expérimenté est capable d’utiliser différentes techniques et cela lui permet d’adapter son traitement à la pathologie diagnostiquée, ainsi qu’à l’âge du patient.

Une technique articulaire pourra être interdite là où une technique musculaire réglera le problème.

à suivre…

 

 

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