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Stress et sentiment d’abandon.

Les situations de stress d’un enfant prennent parfois des dimensions dramatiques, c’est le cas de Rémi, 2 ans. Il vient à ma consultation accompagné par ses parents adoptifs.

 

Nous n’avons aucun renseignement sur la naissance ainsi que sur les parents biologiques de Rémi.

Simplement cet enfant décline sa vie de colères en colères et refuse de manger. Il prend donc peu de poids et son développement commence à accuser un certain retard.

 

Son bilan médical et biologique est normal.

 

De façon surprenante pour un enfant de 2 ans, Rémi s’allonge docilement sur la table et se laisse examiner, docilement, et même passivement !

C’est comme si rien ne l’intéresse. Je crois pouvoir commencer un traitement ostéopathique et rien ne se produit pendant un long moment : aucune sensation de blocage, aucun diagnostic de restriction, aucune tension.

 

J’ai toujours retrouvé ce paradoxe chez les enfants abandonnés.

 

Au premier contact, l’enfant ne montre rien si ce n’est son indifférence.

 

J’ai vécu ce paradoxe en traitant les enfants d’un orphelinat au Cambodge. Nous étions trois ostéopathes à travailler, et, à la fin de la première journée de consultation, nous avions tous les trois des bilans ostéopathiques quasi normaux et satisfaisants.

Les enfants défilaient sous nos mains avec un sourire et de grands yeux tristes, nous remerciaient et repartaient.

J’ai décidé alors de reprendre le travail en centrant notre attention uniquement sur les zones émotionnelles du corps.

 

Ce fût une énorme surprise : immédiatement la sensation d’un volume sans forme organisée, avec la consistance d’une pierre (tombale ?), venait entre les mains.

Dans le même instant la respiration de l’enfant devenait superficielle, voire haletante.

 

Le traitement a consisté à contrôler et tenir cette forme jusqu’à ce que la respiration de l’enfant redevienne normale et apaisée, jusqu’à ce que cette densité disparaisse.

Souvent, à la fin du traitement, l’enfant s’endormait.

 

C’est donc cette même expérience qui m’a aidé à traiter Rémi.

Désormais, il réclame lui-même un traitement régulièrement.

Onze ans plus tard, l’approche de la puberté a créé les conditions d’une nouvelle naissance.

Sa souffrance primitive s’est réinstallée.

 

J’ai alors utilisé la verbalisation, tout en conservant le contact entre mes mains et sa tête, comme avec Florent, m’adressant ici directement à Rémi. Je lui ai demandé de me parler de sa naissance.

Son silence interloqué a été accompagné dans mon toucher par la transformation d’une sensation amorphe et dense comme une pierre en celles de tentacules animés.

Puis il a parlé, comme s’il racontait un vieux rêve…

 

Les mouvements paradoxaux sous mes mains se sont arrêtés et Rémi s’est endormi.

Il a demandé les jours suivants à visiter son Pays natal.

 

 

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Bonne année…!

Je vous souhaite beaucoup de bons moments en 2012…et pour débuter, j’ai trouvé sur Internet le texte suivant.

Voici la version d’une question « bonus » de chimie posée à l’université de Nanterre.
La réponse d’un étudiant a été si loufoque que le professeur l’a partagée avec ses
collègues, via Internet, et c’est pourquoi vous avez le plaisir de la lire ….

Question Bonus: « l’enfer est-il exothermique1 ou endothermique2 »
(1 : évacue la chaleur, 2 : absorbe la chaleur)

La plupart des étudiants ont exprimé leur croyance en utilisant la loi de Boyle (si un gaz
se dilate il se refroidit et inversement) ou ses variantes.
Cependant, un étudiant eut la réponse suivante:
Premièrement, nous avons besoin de connaître comment varie la masse de l’enfer avec le
temps. Nous avons besoin de connaître à quel taux les âmes entrent et sortent de l’enfer.
Je pense que nous pouvons assumer sans risque qu’une fois entrées en enfer, les âmes
n’en ressortiront plus. Du coup aucune âme ne sort.
De même pour le calcul du nombre d’entrées des âmes en enfer, nous devons regarder le
fonctionnement des différentes religions qui existent de par le monde aujourd’hui.
La plupart de ces religions affirment que si vous n’êtes pas membre de leur religion, vous
irez en enfer. Comme il existe plus d’une religion exprimant cette règle, et comme les gens
n’appartiennent pas à plus d’une religion, nous pouvons projeter que toutes les âmes vont
en enfer…
Maintenant, regardons la vitesse de changement de volume de l’enfer parce que la Loi de
Boyle spécifie que « pour que la pression et la température restent identiques en enfer,
le volume de l’enfer doit se dilater proportionnellement à l’entrée des âmes ». Par
conséquent cela donne deux possibilités:
1) si l’enfer se dilate à une moindre vitesse que l’entrée des âmes en enfer, alors la
température et la pression en enfer augmenteront indéfiniment jusqu’à ce que l’enfer
éclate.
2) si l’enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d’entrée des âmes en enfer, alors
la température diminuera jusqu’à ce que l’enfer gèle.
Laquelle choisir ?
Si nous acceptons le postulat de ma camarade de classe Jessica m’ayant affirmé durant
ma première année d’étudiant « Il fera froid en enfer avant que je couche avec toi », et en
tenant compte du fait que j’ai couché avec elle la nuit dernière, alors l’hypothèse doit être
vraie. Ainsi, je suis sûr que l’enfer est exothermique et a déjà gelé … Le corollaire de cette
théorie c’est que comme l’enfer a déjà gelé, il s’ensuit qu’il n’accepte plus aucune âme et
du coup qu’il n’existe plus… Laissant ainsi seul le Paradis, et prouvant l’existence d’un
Etre divin ce qui explique pourquoi, la nuit dernière, Jessica n’arrêtait pas de crier « Oh….
mon Dieu !…. »
(Cet étudiant est le seul ayant reçu la note 20/20)

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L’enfant qui refusait de manger…

Inès est arrivée à la consultation aujourd’hui. Elle a deux ans et demi. Sa maman l’accompagne et me parle d’une enfant qui mange peu et de moins en moins depuis plusieurs mois.

Inès est petite, timide mais présente ; elle accepte le contact et semble touchée lorsque je lui dis bonjour et la complimente sur ses vêtements, ses cheveux. Elle a une apparence sérieuse, trop, et renvoie une image plus âgée que la réalité.

Par rapport à son problème médical, je constate simplement un léger aplatissement de la courbe de prise de poids sur les trois derniers mois. L’ensemble du bilan médical et pédiatrique est normal ; un examen biologique est également normal. Sa maman me signale simplement une succession d’infections rhino-pharyngées dont le cycle est arrêté après un traitement homéopathique.

Mes tests cliniques médicaux, neuro-fonctionnels et ostéopathiques sont normaux.

Lorsque je touche la tête d’Inès et la prend dans mes bras, je ressens une immense angoisse et j’ai l’impression d’être aspiré vers le bas. Une sensation morbide m’envahit. Sous mes mains, les centres émotionnels de son cerveau sont anormalement en tension. A mes questions, la maman d’Inès ne me signale aucun deuil dans la famille depuis sa grossesse et la naissance d’Inès.

J’interroge Inès avec mes mains, un dialogue dans l’inconscient se met en place.

C’est alors qu’apparait dans ma pensée l’image de sa petite sœur, née alors qu’Inès avait 18 mois. Et je comprends la jalousie d’Inès, sa souffrance, sa peur de ne plus être le centre de la famille, ses angoisses lorsque son papa et sa maman s’occupent de « l’autre », et la délaissent. Je comprends son envie de la jeter à la poubelle, de la taper, de s’en débarrasser pour que tout soit comme avant…. Et je le dis, à Inès, à sa maman ; j’explique que la jalousie de l’aîné d’une famille est quelque chose de normal, de physiologique. Ce quelque chose est une émotion qui fait sécréter des hormones en rapport avec la peur et la colère ; les centres émotionnels du cerveau sont en tension car très sollicités, l’enfant peut même déprimer.

En l’occurrence, Inès crée un conflit alimentaire, entre en compétition avec sa sœur, et il faut le désamorcer tout de suite afin d’éviter une dérive anorexique, et un conflit familial.

Certes la technique ostéopathique crânienne et sa composante biodynamique prend ici sa place pour traiter Inès, mais la verbalisation de ces attitudes concourt à la détente de l’enfant dont le regard et le sourire montrent qu’elle est heureuse d’avoir été comprise.

J’explique que le comportement d’Inès, ses gestes vifs envers sa sœur ne sont qu’appel à l’aide pour trouver sa place, comme avant, même si c’est impossible. Et je dis surtout que la seule réponse à donner à Inès est un câlin, un geste et des mots d’amour, et que le seul fait de dire à l’enfant quelque chose qui ressemble à « je comprends ce que tu veux me dire, je t’aime et je vais t’aider » suffira à régler ce conflit immédiat.

Oui, j’affirme que le vrai dialogue amoureux est thérapeutique. Je l’ai à nouveau senti dans mes mains aujourd’hui.

 

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Les différentes techniques utilisées en ostéopathie

L’étudiant en ostéopathie apprend un certain nombre de techniques. Elles lui permettent d’acquérir une connaissance élargie d’un savoir-faire qui se bonifiera avec l’expérience. Ces techniques sont comme des outils qui viennent remplir une mallette ; le thérapeute devra savoir utiliser le bon outil au bon moment.

Les techniques ostéopathiques se décomposent en deux grandes familles :

 

  • Les techniques structurelles directes et indirectes.

 

– Les techniques structurelles directes utilisent la notion de barrière précédemment citée en dirigeant les tissus vers la barrière de la dysfonction.

 

Ce sont des techniques articulaires : H.V.B.A. (Haute Vélocité Basse Amplitude), B.V.H.A (Basse Vélocité Haute Amplitude), inversion de paramètres ou bien des techniques musculaires, T.O.G. (Technique ostéopathique Général), SCS (technique de pression et d’appui musculaire), R.P.I. (Relâchement Post Isométrique).

 

– Toujours par rapport à la barrière, mais cette fois ci en aidant les tissus à se déplacer vers la barrière physiologique et non plus vers la barrière de restriction, ce sont les techniques structurelles indirectes.

 

Elles peuvent être articulaires (Techniques de Maigne), elles peuvent être d’équilibration ligamentaire, ou bien encore d’inversions de paramètres. Elles peuvent également être musculaires et cela comprend à nouveau le T.O.G. et des techniques de relâchement myofascial.

 

L’association de techniques ostéopathiques allant dans le sens direct et dans le sens indirect, l’indication posturale, l’âge du patient, le plan thérapeutique de l’ostéopathe, et bien d’autres choses encore… créent une infinité de possibilités.

 

 

  • Les techniques fonctionnelles.

 

– Les techniques fonctionnelles vont toujours dans le sens du mouvement d’aisance tissulaire et sont basées sur la respiration. C’est ici une notion fondamentale de l’écoute manuelle.

 

Les différentes techniques utilisées par l’ostéopathe s’inscrivent dans un plan thérapeutique élaboré après un diagnostic médical puis ostéopathique et prennent en compte le patient dans sa globalité.

 

Toutes ces techniques nécessitent un long apprentissage et beaucoup d’expérience.

 

Il existe parfois quelques réactions secondaires passagères (douleurs et courbatures, fatigues et somnolences, euphories, …). Ces réactions n’excédent en général pas deux ou trois jours et cessent spontanément.

 

Les accidents sont rarissimes (1 sur 2 000 000 d’actes).

 

Un intervalle de trois à six semaines, voire trois mois est toujours nécessaire entre deux traitements ostéopathiques.

 

 

 

EN CONCLUSION

 

Un traitement ostéopathique nécessite un diagnostic médical préalable indispensable, suivi d’un diagnostic ostéopathique qui permettra d’élaborer un traitement ostéopathique.

 

Ce traitement ostéopathique fait partie intégrante de différentes possibilités thérapeutiques mises à la disposition des médecins.

 

L’ostéopathie nécessite une parfaite connaissance de l’anatomie, de la biomécanique et des techniques.

 

La prescription de l’ostéopathie nécessite la connaissance des différents acteurs du paysage ostéopathique français, de leurs champs de compétence respectifs réglementés, et des responsabilités de chacun.

 

Les techniques spécifiques sont sans danger.

Il s’agit d’un traitement non médicamenteux de la douleur.

Par une action rapide et un coût moindre, le traitement permet de soulager un patient avec peu ou pas d’arrêt de travail.

C’est une thérapie active en prévention et en santé publique.

 

 

 

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Indications et contre-indications de l’ostéopathie

 

Les indications de l’ostéopathie comportent toutes les affections mécaniques de la colonne vertébrale (lombalgies, dorsalgies, cervicalgies chroniques ou aiguës, douleurs vertébrales projetées…).

 

Egalement sont concernées par un traitement ostéopathique les affections mécaniques articulaires périphériques (entorses, tendinites, capsulites…)

Autres indications : les névralgies d’origine mécanique (douleurs inter costales, cervico-brachiales, sciatiques, névralgie de Arnold, syndrome des scalènes, canal carpien…).

 

Toute indication d’un traitement ostéopathique nécessite un diagnostic médical préalable. Ce diagnostic est essentiel avant d’envisager de traiter en ostéopathie des troubles de l’équilibre, des céphalées, des acouphènes, des affections de l’articulation temporo-mandibulaire et les syndromes d’algodystrophie de l’articulation manducatrice (SADAM), ainsi que toutes les souffrances du nourrisson.

 

Il faut noter également des indications à visée préventive dans tous les domaines de la posturologie, les raideurs post fracturaires, les maladies rhumatismales en dehors des poussées inflammatoires, les insuffisances respiratoires, les affections O.R.L., certaines affections circulatoires, digestives et gynécologiques.

 

Enfin il s’agit d’un traitement de choix à caractère préventif chez les sportifs, les musiciens, les travailleurs avec mouvements répétitifs ou station immobile prolongée.

Ces indications peuvent nécessiter une consultation une à deux fois par an, ou après un traumatisme ; on peut retrouver de telles indications en obstétriques (lombalgie de la femme enceinte, dystocie de présentation), ou après un accouchement.

 

Les contre-indications absolues à un traitement ostéopathique sont :

– L’absence du consentement du patient et l’existence d’un diagnostic médical de contre-indication.

 

Il existe également des contre-indications relatives.

 

Cependant l’ostéopathe expérimenté est capable d’utiliser différentes techniques et cela lui permet d’adapter son traitement à la pathologie diagnostiquée, ainsi qu’à l’âge du patient.

Une technique articulaire pourra être interdite là où une technique musculaire réglera le problème.

à suivre…

 

 

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Définition scientifique de l’ostéopathie

 

L’ostéopathie est l’art du diagnostic et du traitement des lésions ostéopathiques. Pour cela, il est nécessaire d’avoir une connaissance parfaite et un approfondissement permanent de toute la connaissance anatomique.

 

La lésion ostéopathique est une dysfonction somatique.

La dysfonction somatique est une restriction de mobilité.

Cette restriction de mobilité (ou dysfonction somatique) a une origine soit par un traumatisme direct, soit par un traumatisme indirect.

L’origine de la dysfonction peut également utiliser des voies réflexes qu’elles soient somato-somatiques, viscéro-somatiques ou bien cortico-somatiques.

Il existe encore des dysfonctions somatiques qui ont pour origine les déséquilibres de posture de l’être humain.

 

Pour ce qui concerne le diagnostic de la dysfonction somatique, il s’effectue par rapport à un point neutre qui est un point d’équilibre d’une structure anatomique, point d’équilibre compris entre des barrières dites élastiques et anatomiques.

 

Lorsque survient un traumatisme (cf ci-dessus) le point neutre habituel (physiologique), subit un déplacement et il devient pathologique. Ce point neutre pathologique se situe entre une barrière physiologique et une barrière restrictive.

 

Le diagnostic ostéopathique s’effectue avec la main et l’utilisation du toucher. Toute la main est tapissée de récepteurs de sensibilité profonde (proprioceptifs) qui sont directement connectés, sans relais, au cortex cérébral.

Les conséquences cliniques de ces dysfonctions sont immédiates et inflammatoires, d’une part, et d’autre part, tardives avec perte de mobilité, impotence fonctionnelle, perte de la masse musculaire, modification cutanée, puis arthrose et douleurs chroniques.

 

Progressivement se constitue toute une zone lésionnelle d’adaptation des tissus dans et hors de la zone concernée, ainsi que des réactions cutanées, musculaires et ligamentaires.

à suivre…

 

 

 

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mais qu’est-ce que l’ostéopathie?

 

 

L’enseignement ostéopathique que j’ai reçu est basé sur une notion fondamentale et majeure d’écoute des tissus du corps avec les mains. Cela permet un diagnostic et facilite un traitement qui ne contrarie jamais les mouvements inconscients du corps.

 

On appelle cela une technique indirecte ou encore ostéopathie fonctionnelle. Pour mieux comprendre, voici un exemple pris dans le quotidien.

Vous avez soif, vous prenez un verre et une carafe d’eau. Vous versez une partie de l’eau dans le verre. Il y a dans cet événement une structure « carafe », une structure « verre », une structure « eau ». Ces trois structures sont alignées par vos mains, votre bras, votre corps qui établissent ce geste et qui vont remplir le verre avec l’eau provenant de la carafe. Dans ce mouvement vous réalisez un événement que vous avez programmé. Un événement pour lequel vous avez eu l’intention de faire ce geste.

Vous allez remplir le verre jusqu’à un certain seuil, soit par rapport à votre soif, soit par rapport au bord du verre.

 

Le geste thérapeutique manuel suit exactement ce même processus : entre l’intention du thérapeute et l’utilisation des mains par rapport à ce qu’il a l’intention d’écouter et de faire avec ses mains.

 

Si les mains sont importantes pour un ostéopathe, elles prennent une importance capitale lors du travail avec les bébés. Celui-ci va s’exprimer avec son langage corporel : son comportement, ses réactions, son positionnement sont autant de renseignements à interpréter, décoder puis utiliser.

Elles se placent, attendent, écoutent ce langage.

Elles ont une immobilité active et présente. Elles se fondent dans la forêt des tissus du corps, comme un chasseur à l’affût de son gibier.

Elles sont prêtes à recevoir ce que le bébé voudra ou pourra donner.

à suivre…

 

 

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à propos des entorses de cheville

 

Une entorse est une blessure des ligaments. Les ligaments sont des tissus qui assurent la stabilité et les mouvements fins des articulations.

Ils sont le siège de nombreux récepteurs neurologiques qui contrôlent la posture.

Une rupture ligamentaire signe une entorse grave. Elle est associée à une blessure musculaire, voire un arrachement osseux.

 

La stabilité d’une cheville est, entre autres choses, assurée par l’extrémité inférieure du tibia et du péroné.

Ces extrémités terminent leur ossification à 18 ans (ossification = transformation d’un tissus mou en tissus osseux).

 

Cela veut dire que toute entorse avant 18 ans entraîne une instabilité de cheville définitive car elle va modifier le processus d’ossification et perturber les contrôles posturaux.

Toute entorse de cheville, même grave, et à fortiori chez un moins de 18 ans, doit être traitée en ostéopathie.

 

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Le bébé qui avait la tête « en coin »

 

Lionel a un an lorsqu’il vient à la consultation. Sa déformation de tête est impressionnante.

 

L’arrière est plat comme un mur, de travers, le côté gauche avance, l’oreille gauche est décalée et très en avant par rapport à la droite ; son visage est déformé (un côté fermé, l’autre trop rond).

De plus, il ne peut tourner la tête à droite, il dort mal, digère mal, et est incapable de marcher à quatre pattes.

 

La raison de cet état est expliquée par sa posture. Sa position fœtale était en torsion, tête et épaules vers la gauche, bassin vers la droite. Cette posture associe toujours une tête en arrière (occasionnant une gêne pour avaler et utiliser la langue) et un pied qui tourne en dedans (que l’on appelle pied varus).

 

Le traitement ostéopathique consiste en une sorte de démêlage tissulaire du bébé de façon à faire en sorte que sa posture s’aligne. C’est un travail doux et lent des muscles du cou et des sutures du crâne, des articulations du bassin, et de l’ensemble du corps (viscères thoraciques et abdominaux).

 

Ce travail est complété par une sorte de rééducation faite par les parents sous forme de jeu avec l’enfant.

 

J’ai revu Lionel un mois plus tard. L’arrière de sa tête reste plat mais commence à s’arrondir, les oreilles sont alignées et surtout le visage est symétrique. Enfin, sa posture est dans l’axe, et il marche à quatre pattes, tourne normalement sa tête à droite et à gauche. Il dort bien et n’a plus de problème digestif.

 

Tout semble bien parti. Cependant, il ne récupérera pas un arrondi complet de l’arrière de sa tête car le problème a été pris en compte trop tard.

 

La croissance rapide de la tête d’un bébé se fait entre la naissance et six mois ; c’est à ce moment là que les gestes thérapeutiques sont les plus efficaces. Entre six et dix huit mois, la vitesse de la croissance du crâne est divisée par deux. Une action thérapeutique reste possible mais sera incomplète. Au delà de 18 mois- 2 ans, le traitement d’une tête aplatie est aléatoire.

 

En conclusion, un nourrisson doit être traité en ostéopathie très tôt, et, il ne faut pas écouter ceux qui disent qu’une tête plate ça s’arrangera toujours avec le temps.

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une naissance déclenchée suivie d’une extraction par forceps.

 

Beaucoup de traitements ressemblent à celui de Florent, décrit précédemment. C’est le cas de Mathilde venue à ma consultation à son 8ème jour avec ses parents pour les mêmes raisons que Florent. Pour Mathilde, la naissance avait été difficile car il avait fallu déclencher les contractions utérines. La dilatation du col s’était faite lentement. Le passage du bébé avait nécessité l’aide d’instruments (forceps) afin de limiter sa souffrance.

Quoiqu’il en soit Mathilde souffre physiquement. La puissance des contractions, la lenteur du passage, l’angoisse de l’entourage, la mettent mal à l’aise. Elle a mal à la tête, au dos, au ventre, respire vite et à l’envers. Donc, elle pleure beaucoup, dort peu, ne trouve pas de position de repos, mange et digère difficilement.

Mathilde cumule deux interventions sur le déroulement de sa naissance : le déclenchement et les forceps.

Le déclenchement (d’autant plus négatif s’il n’y a pas d’indications médicales ou chirurgicales) induit chez l’enfant l’idée que rien ne va, la sensation d’être tout le temps interrompu et contrôlé.

Les forceps induisent un fonctionnement mental du type de « je ne peux pas y arriver par moi-même », et des douleurs de tête, de nuque et des épaules.

(Soyons clair, il n’est pas dans mon propos l’intention de critiquer une attitude et un geste obstétrical ; ce qui a été fait l’a été pour le bien de la mère et de l’enfant ; les forceps leur sauvent la vie ; j’en évoque simplement les conséquences.)

Le traitement paraît simple : il faut compacter les tissus comme pour Florent. Toutefois rien ne fonctionne. Mathilde pleure à chaque fois que je la touche. Elle refuse le traitement. Je sens ses tissus, son corps, se bloquer sous mes mains comme si une armure d’acier la recouvrait et l’envahissait.

C’est alors que j’ai l’idée de changer le décor et le scénario. Quelque chose d’imprévu se passe, il faut créer l’inattendu.

Je propose donc au papa et la maman de Mathilde de s’asseoir côte à côte sur la table de travail et dépose Mathilde dans les bras de sa maman.

L’enfant est ainsi contre le sein de sa mère, baignée d’odeurs rassurantes. Son papa pose sa main sur son dos et lui parle.

Je suis derrière la maman et prends un léger appui contre son dos par l’intermédiaire d’un coussin. Mes mains recouvrent la tête de Mathilde. Elles effleurent à peine les cheveux. Mathilde pleure toujours, elle hoquète.

Ma perception est toujours celle d’une armure en acier, comme si mes mains tenaient fermement cet objet.

Cependant je la touche comme une plume posée sur l’eau. Mathilde se défend toujours tant sa souffrance de naissance est forte………

 

Il a fallu du temps, beaucoup de temps ! Il a fallu tout l’amour des parents de Mathilde pour aider à traverser ce temps. Il a fallu toute ma confiance et ma certitude que sous l’armure, les tissus du corps de Mathilde attendaient cette délivrance.

L’armure représente ici toute la contracture et les blocages de cette naissance, tant sur le plan physique que sur le plan émotionnel.

Elle représente aussi toutes les défenses fabriquées par Mathilde pour arrêter de souffrir.

Enfin, au bout de tout ce temps, Mathilde s’est détendue progressivement, plusieurs profonds soupirs ont calmé ses hoquets et ses pleurs. Elle s’est endormie.

Plus rien ne bougeait. Le temps s’est arrêté. C’était comme lorsque plusieurs personnes sont réunies, discutent, parlent, échangent, jusqu’à l’instant de silence inattendu, imprévu, et que chacun remarque en pensant au fond de lui-même… « Un ange passe » !

Enfin, la respiration de Mathilde devenait calme et sereine ; enfin, je pouvais la toucher sans l’agresser. Elle réclamait le sein de sa mère et pendant son repas, la conversation a permis de mettre des mots sur ce qui s’était passé.

Mathilde a réalisé sa capacité de réaction dans des situations difficiles, et sa confiance en son corps dans ces moments-là. Sa maman a compris qu’elle n’était en rien responsable de tout ce qui était arrivé.

J’ai apprécié ce travail et je remercie les parents de m’avoir ouvert cet espace d’amour pour que le traitement puisse être efficace.

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