L’ostéopathie en résumé

I DÉFINITION DE L’OSTÉOPATHIE

L’ostéopathie est l’art du diagnostic et du traitement des lésions ostéopathiques. Pour cela, il est nécessaire d’avoir une connaissance parfaite et un approfondissement permanent de toute la connaissance anatomique.

La lésion ostéopathique est une dysfonction somatique. La dysfonction somatique est une restriction de mobilité. Cette restriction de mobilité (ou dysfonction somatique) a une origine soit par un traumatisme direct, soit par un traumatisme indirect. L’origine de la dysfonction peut également utiliser des voies réflexes qu’elles soient somato-somatiques, viscéro-somatiques ou bien cortico-somatiques. Il existe encore des dysfonctions somatiques qui ont pour origine les déséquilibres de posture de l’être humain.

Pour ce qui concerne le diagnostic de la dysfonction somatique, il s’effectue par rapport à un point neutre qui est un point d’équilibre d’une structure anatomique, point d’équilibre compris entre des barrières dites élastiques et anatomiques.

Lorsque survient un traumatisme (cf ci dessus) le point neutre habituel (physiologique), subit un déplacement et il devient pathologique. Ce point neutre pathologique se situe entre une barrière physiologique et une barrière restrictive.

Le diagnostic ostéopathique s’effectue avec la main et l’utilisation du toucher. Toute la main est tapissée de récepteurs de sensibilité profonde (proprioceptifs) qui sont directement connectés, sans relais, au cortex cérébral.

Les conséquences cliniques de ces dysfonctions sont immédiates et inflammatoires, d’une part, et d’autre part, tardives avec perte de mobilité, impotence fonctionnelle, perte de la masse musculaire, modification cutanée, puis arthrose et douleurs chroniques.

Progressivement se constitue toute une zone lésionnelle d’adaptation des tissus dans et hors de la zone concernée, ainsi que des réactions cutanées, musculaires et ligamentaires.

 

II. INDICATION ET CONTRE INDICATION

Les indications de l’ostéopathie comportent toutes les affections mécaniques de la colonne vertébrale (lombalgies, dorsalgies, cervicalgies chroniques ou aiguës, douleurs vertébrales projetées…).

Egalement sont concernées par un traitement ostéopathique les affections mécaniques articulaires périphériques (entorses, tendinites, capsulites…)
Autres indications : les névralgies d’origine mécanique (douleurs inter costales, cervico-brachiales, sciatiques, névralgie de Arnold, syndrome des scalènes, canal carpien…).

Toute indication d’un traitement ostéopathique nécessite un diagnostic médical préalable. Ce diagnostic est essentiel avant d’envisager de traiter en ostéopathie des troubles de l’équilibre, des céphalées, des acouphènes, des affections de l’articulation temporo-mandibulaire et les syndromes d’algodystrophie de l’articulation manducatrice (SADAM), ainsi que toutes les souffrances du nourrisson.

Il faut noter également des indications à visée préventive dans tous les domaines de la posturologie, les raideurs post fracturaires, les maladies rhumatismales en dehors des poussées inflammatoires, les insuffisances respiratoires, les affections O.R.L., certaines affections circulatoires, digestives et gynécologiques.

Enfin il s’agit d’un traitement de choix à caractère préventif chez les sportifs, les musiciens, les travailleurs avec mouvements répétitifs ou station immobile prolongée. Ces indications peuvent nécessiter une consultation une à deux fois par an, ou après un traumatisme ; on peut retrouver de telles indications en obstétriques (lombalgie de la femme enceinte, dystocie de présentation), ou après un accouchement.

Les contre indications absolues à un traitement ostéopathique sont :
> l’absence du consentement du patient, l’existence d’un diagnostic médical

de contre indication.
> Un diagnostic différentiel référé en rapport avec une pathologie viscérale (exemple : infarctus du myocarde), néoplasique, psychiatrique, métabolique…

Il existe également des contre indications relatives. Cependant l’ostéopathe expérimenté est capable d’utiliser différentes techniques et cela lui permet d’adapter son traitement à la pathologie diagnostiquée, ainsi qu’à l’âge du patient. Une technique articulaire pourra être interdite là où une technique musculaire réglera le problème.

 

III. PRATIQUES DES DIFFERENTES TECHNIQUES

Les techniques ostéopathiques se décomposent en deux grandes familles :
> Les techniques structurelles directes et indirectes.
Les techniques structurelles directes utilisent la notion de barrière précédemment citée en dirigeant les tissus vers la barrière de la dysfonction. Ce sont des techniques articulaires : H.V.B.A. (Haute Vélocité Basse Amplitude), B.V.H.A (Basse Vélocité Haute Amplitude), inversion de paramètres ou bien des techniques musculaires, T.O.G. (Technique ostéopathique Général), SCS (technique de pression et d’appui musculaire), R.P.I. (Relâchement Post Isométrique).

Toujours par rapport à la barrière, mais cette fois ci en aidant les tissus à se déplacer vers la barrière physiologique et non plus vers la barrière de restriction, ce sont les techniques structurelles indirectes.
Elles peuvent être articulaires (Techniques de Maigne), elles peuvent être d’équilibration ligamentaire, ou bien encore d’inversions de paramètres. Elles peuvent également être musculaires et cela comprend à nouveau le T.O.G. et des techniques de relâchement myofascial.

L’association de techniques ostéopathiques allant dans le sens direct et dans le sens indirect, l’indication posturale, l’âge du patient, le plan thérapeutique de l’ostéopathe, etc… créent une infinité de possibilités.

> Les techniques fonctionnelles.
Les techniques fonctionnelles vont toujours dans le sens du mouvement d’aisance tissulaire et sont basées sur la respiration. C’est ici une notion fondamentale de l’écoute manuelle.

Les différentes techniques utilisées par l’ostéopathe s’inscrivent dans un plan thérapeutique élaboré après un diagnostic médical puis ostéopathique et prennent en compte le patient dans sa globalité. Toutes ces techniques nécessitent un long apprentissage et beaucoup d’expérience. Il existe parfois quelques réactions secondaires passagères (douleurs et courbatures, fatigues et somnolences, euphories, …). Ces réactions n’excédent en général pas deux ou trois jours et cèdent spontanément.

Les accidents sont rarissimes (1 sur 2 000 000 d’actes).

Un intervalle de trois à six semaines, voire trois mois est toujours nécessaire entre deux traitements ostéopathiques.

 

IV. DIFFERENCE ENTRE LES OSTEOPATHES

Les ostéopathes non médecins sont interdits de manipulations gynéco- obstétricales et de toucher pelvien.
Les ostéopathes non médecins ne peuvent intervenir chez un nourrisson de moins de six mois. Et ne peuvent traiter un rachis cervical qu’à la seule condition que le médecin traitant ait établi un certificat de non contre indication, certificat qui engage sa propre responsabilité.

Le médecin ostéopathe a de son côté, au préalable à ses études d’ostéopathie, un parcours universitaire complet qui l’amène à un exercice de diagnostic médical et des études universitaires longues de huit ans, lui donnant le titre de Docteur en Médecine.

De plus, un parcours universitaire de deux ans a été crée il y a quelques années, lui permettant d’obtenir un Diplôme Inter Universitaire de Médecine Manuelle Ostéopathique.
Il existe également un certain nombre d’associations de formation médicale continue spécifiques à l’Ostéopathie.

 

V. EN CONCLUSION

Un traitement ostéopathique nécessite un diagnostic médical préalable indispensable, suivi d’un diagnostic ostéopathique qui permettra d’élaborer un traitement ostéopathique. Ce traitement ostéopathique fait parti intégrante de différentes possibilités thérapeutiques mises à la disposition des médecins.

L’ostéopathie nécessite une parfaite connaissance de l’anatomie, de la biomécanique et des techniques.

La prescription de l’ostéopathie nécessite la connaissance des différents acteurs du paysage ostéopathique français, de leur champs de compétence respectifs, réglementés et des responsabilités de chacun.
Les techniques spécifiques sont sans danger. Il s’agit d’un traitement non médicamenteux de la douleur.

Par une action rapide et un coût moindre, le traitement permet de soulager un patient avec peu ou pas d’arrêt de travail.

[quote type= »center »] C’est une thérapie active en prévention et en santé publique. [/quote]