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Carnet de consultation en néo-natologie

Un bébé à l’hôpital Calmette, né hier.

 

Salut petite fille

Je ne sais plus ton nom et cependant ton corps est dans mes mains,

Une sensation précise, aigüe, percutante

Celle de ta souffrance.

Ta naissance, césarienne en urgence car toxémie gravidique de ta maman.

Maman est dans le coma

 

Ton corps hypotonique ne révèle aucune détresse vitale, aucune anomalie tissulaire ou mécanique, aucun trouble neurologique.

 

Ton immobilité

Ton silence

Ton regard ailleurs

Parlent pour toi.

 

Tu as peur

Tu es inquiète car ta maman est peut-être morte et tu n’as pas nouvelles.

 

Autour de toi, des professionnels de santé sont ici pour apprendre l’ostéopathie, et découvrent que les mains perçoivent les émotions.

Ils découvrent qu’un bébé peut souffrir dans son corps et dans son âme, qu’un bébé voit tout, sent tout, entend tout !

 

A ma demande, le Dr V téléphone dans le service de réanimation où est ta maman, prends des nouvelles et te rapporte cela au creux de l’oreille.

 

Tu deviens attentive

Tourne ta tête vers le Dr V

Tu la regardes

 

Je vois ton corps s’apaiser

On soigne maman, elle va revenir.

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C’est l’histoire d’une sciatique guérisseuse…

 

Cyril, 35 ans, gynécologue, souffre d’une sciatique gauche depuis environ deux mois.

Le trajet douloureux est grosso modo celui de L5. Il n’y a aucun signe neurologique.

Les examens complémentaires sont normaux.

Les traitements médicamenteux sont inefficaces.

 

Le diagnostic ostéopathique lui permet de prendre conscience des différences de sensation dans son corps, et notamment d’une inertie du bassin comme suspendu sous le thorax, le reste du corps étant libre.

 

Cette sensation est confirmée par le toucher ostéopathique qui ajoute la perception d’une densité particulière au niveau de la trame osseuse du sacrum.

 

Le traitement commence et le travail se focalise immédiatement vers le sacrum, jusqu’à ce que Cyril évoque un traumatisme physique à 7 ans, celui d’une chute à califourchon sur un portail qu’il était en train de franchir malgré l’interdiction de ses parents.

Cette interdiction fut alors inductrice du non-dit de cet accident et du silence imposé sur cette douleur.

 

Les tissus locaux deviennent rapidement libres et respirent.

Pourtant, lorsque mes mains se placent au contact de la tête, le lien du corps ne se fait pas et la zone périnéale devient une zone de fuite, comme un puit sans fond.

… un non-dit…

 

C’est alors que les bulles du passé viennent éclater à la surface du présent.

Elles éclairent l’esprit de Cyril dont le corps commence à respirer librement en ouvrant les retenues d’un souvenir insupportable, celui d’attouchements et agressions sexuelles à 4 ans.

Il comprend, il voit tout, y compris le pourquoi de son métier et la raison de ses douleurs.

 

En lisant cette histoire à travers les tissus du corps, je peux dire que cette sciatique est une fissure dans un corps en défense.

L’enfant n’a pu confier sa souffrance, et, lors de sa maturation neurologique à 7 ans, a trouvé le moyen de créer un bouclier de protection par l’intermédiaire de cette chute au décours d’un geste interdit.

 

Cela veut dire qu’un symptôme doit ouvrir nos mains de thérapeutes bien au-delà de la zone en souffrance. Cela veut dire qu’il faut quitter les concepts de restriction, de lésion ou dysfonction et utiliser le diagnostic ostéopathique aux fins de reconnaître les différentes sensations exprimées par le corps et l’esprit de nos patients.

Cela implique de leur donner de l’espace ainsi qu’une dimension anamnestique, et accorder autant d’importance à chacune des informations perçues.

 

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Une histoire à l’envers…

 …car la consultation se déroule à la fin de l’histoire.

Il est arrivé dans le ventre en même temps que sa sœur et sa vie d’embryon a débuté dans le cocon de l’endomètre utérin.

Il a su qu’elle n’était pas là et ne viendrait pas.

Sans attendre il a choisi son chemin pour vivre.

A cinq semaines de grossesse, maman a vécu l’angoisse et la douleur d’une grossesse extra-utérine.

Et lui, s’est tapis dans le secret de la paroi utérine tandis que sa sœur quittait le chemin et que sa mère, sous anesthésie générale, avait disparue.

Il a vrillé son placenta pour s’accrocher mieux…et, le « miraculé », est arrivé au terme.

Seul le placenta n’a pas suivi. Il a fallu le délivrer par un geste chirurgical afin d’éviter une hémorragie fatale.

 

Il est vivant, entouré, conscient de ce à travers quoi il est passé.

Il intègre les inquiétudes de maman, avec celles de papa.

Il décide de grandir vite, d’être un grand et sérieux garçon dès à présent.

Il sent qu’ils ont besoin d’aide.

Il ne dort plus.

Voici le symptôme prétexte à la consultation ostéopathique.

Il ne dort plus parce qu’il veille et protège ses parents.

Il veut porter pour soulager, capter pour transmuter, leur deuil, leur inquiétude, cette expérience douloureuse.

 

C’est au prix de son enfance sans jeu qu’il entretient sa blessure d’embryon.

 

Et c’est dans cet instant que l’ostéopathe doit connaître la conscience du geste et celle de l’intention, sans jugement ni à priori.

Il doit trouver un état d’observateur et de neutralité pour comprendre les mouvements, les formes, la qualité vitale, qui s’ouvrent sous la main.

Il doit être lucide, chercher la cause, et trouver le processus thérapeutique qui guérit.

Dr Patrick Jouhaud.

 

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émotion partagée

Il était si faible, petit, léger comme une plume au point que je ne l’ai pas senti la première fois que je l’ai porté dans mes bras.

Il était absent à son corps, comme sans conscience et les yeux sans regard.

Son corps, un objet raide, spastique, comme du bois, allongé sur la table d’examen, ne s’est même pas déplié.

 

Il venait d’être recueilli par un orphelinat, confié à celui-ci par un hôpital à qui cet enfant avait été remis car trouvé sur le bord de la route.

C’est un enfant sans espoir car atteint d’une infirmité de naissance, paralysé, sans aucune progression neurologique, dépendant.

C’est un enfant abandonné car sans avenir productif.

Mes mains d’ostéopathe l’ont traité sur tous les plans, tissulaire et articulaire, ont aidé à une meilleure respiration. Elles ont agi sur les émotions perverses, elles ont aidé à apaiser ce corps à vif.

Il a fallu motiver sa prise en charge par l’entourage car son état nécessitait beaucoup de présence, d’être touché, nécessitait beaucoup de patience.

Je l’ai revu un an après. Il était moins raide, un peu déplié et toujours absent à lui même, indifférent aux autres.

Un second traitement ostéopathique a guidé son corps vers plus d’apaisement, une respiration synchrone.

Et, deux ans plus tard, je vois arriver Sopheat, fier et debout derrière un fauteuil roulant qu’il utilise comme un déambulateur. De loin, il m’appelle, il est méconnaissable et me reconnaît. Son corps s’est réveillé, ses yeux vivent et pétillent. Il communique.

Un grand bonheur se répand sous mes mains… et nous avons joué pendant le traitement.

 

http://www.docosteocam.org/nous-soutenir/

 

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Victor, enfant espoir.

Il a 3 ans, une belle maturité, parle comme un adulte, et vient accompagné de sa maman.

Cet enfant a développé les mois écoulés un comportement violent et jaloux lors de l’arrivée chez la gardienne d’un nouvel enfant plus jeune que lui.

Cette attitude inquiète les parents. Ils viennent demander aide et conseils.

Il est fils unique.

Sa fécondation s’est faite in vitro (éprouvette), et deux embryons furent implantés. Lui seul a poursuivi le chemin. Cette grossesse avait été précédée de quatre fausses couches et d’un long parcourt des parents dans la procréation médicale assistée.

Cette attente fut douloureusement vécue par la maman.

Ils portent, lui et elle, le deuil de cinq échecs.

La densité particulière de son corps est perçue par mes mains et sa réaction générale témoigne d’un refus d’être touché. Sa forte personnalité s’exprime avec une violente colère. Un temps se passe pendant lequel l’enfant évite tout contact, y compris avec maman. Un autre, plus apaisé, permet une première approche par le jeux. J’ai l’impression d’être la souris, lui, le chat.

C’est alors que maman raconte ce passé lourd d’émotions. Elle exprime ses espoirs et ses peurs, ses joies éphémères suivies de l’angoisse de l’échec.

L’enfant se détend et le contact se fait alors.

Pendant ce récit, mes mains suivent les tensions du corps de l’enfant. Elles sont partout dans son corps et dans sa tête. Lorsque survient un premier relâchement, il est de courte durée. Le travail de démêlage tissulaire se poursuit. Je deviens le chat, lui, la souris.

Une autre densité apparaît dans mes mains, cette fois ci, autour de lui, comme s’il était dans un bocal… serait ce l’éprouvette ?

Une grande tristesse passe dans ses yeux en même temps que dans la voix de maman qui poursuit son récit.

Victor a forgé depuis ces instants là sa force de caractère, sa puissance d’être celui qui va vivre et vaincre la mort des autres.

Il est devenu le Maître de son espace. Il se sent seul capable de vaincre les fantômes de la famille.

Ses liens sociaux sont par conséquent difficiles et conflictuels.

C’est à la fin seulement de l’histoire racontée que les armures de protections contre la morbidité se sont volatilisées. Une profonde respiration s’est installée chez Victor tandis qu’un vrai lien s’est ouvert entre lui et sa maman.

L’enfant espoir peut devenir enfant.

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Intention

Un peu de philosophie …à propos de l’intention…

Toucher est un geste délicat, non dénué d’innocence, qui met en lien deux êtres communiquant dès lors, avec leur inconscient. Un de mes enseignants exprime l’idée qu’il y a là, rencontre d’agrégats de cellules inconscientes.

Cela se comprend, mais je préfère garder une unité psychocorporelle qui fait que cette rencontre est à la fois, consciente et inconsciente, quelles qu’en soient leurs proportions, et, qu’elle est provoquée par une intention. Dans mon métier, celle de soigner et d’être soigné.

La main, dans cette action de toucher, est l’émettrice de ce qui se passe dans la tête de celui qui touche. Le receveur devient alors soumis à cette émission.

Qu’y a-t-il dans les pensées du toucheur ? Qu’y a-t-il dans celles du touché ?

Une part de la réponse est dans le mot « intention ». Avoir une intention en touchant implique vouloir faire, et sous-tend l’idée de modifier en fonction de sa pensée. La réalité en ostéopathie est que l’intention ne doit pas être celle du thérapeute mais celle du corps soigné.

Plusieurs traitements ces jours derniers avec des bébés m’ont conforté dans cette idée. Leur corps entre mes mains se positionne pour me montrer où et comment se présente leur problème. Le corps sait alors ce dont il a besoin pour se repositionner correctement, et se libérer de tensions douloureuses, voire, faire un chemin inachevé avant ou pendant la naissance comme se retourner par exemple. Là est l’intention du touché.

Il suffit simplement de le guider avec des mots, des encouragements, un accompagnement du geste.

La pensée, et donc la main du toucheur, est alors présente et attentive, dénuée d’intention.

Elle sera thérapeutique en se soumettant à l’intention du touché.

 

 

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Parler, chanter, respirer

(Texte élaboré à partir d’une conférence donnée dans le cadre d’un colloque Santé et Musique au cours du festival Jazz Email Limousin)

Nous voici au cœur de la vie et de son expression. Le souffle c’est la vie et vivre c’est respirer.

L’expression orale est animée par la mécanique ventilatoire ; elle est amplifiée, relayée, par les caisses de résonance.

Cet exposé est une description anatomique des fonctions orales, parlées ou chantées.

Considérons d’abord l’organe noble de ces fonctions : le larynx.

Il délimite la frontière entre l’oropharynx (arrière bouche) et l’arbre pulmonaire.

On peut le situer à la base du cou, derrière la thyroïde et son cartilage.

Notons que ce cartilage correspond à la pomme d’Adam chez les hommes.

Le larynx est constitué par deux cordes disposées en « V » et insérées sur un cartilage spécifique, le cricoïde.

Outre les cartilages cricoïdes et thyroïdes il faut noter le 3ème élément vers le haut sous le menton, le cartilage hyoïde qui est le support des muscles de la langue.

Cet ensemble est relié par des membranes et des muscles.

 

Si l’on considère une analogie musicale, en observant ce dessin le larynx et les éléments qui l’entourent font penser à un chef d’orchestre.

 

De fait, le larynx fonctionne comme un instrument à corde, à vent, également à percussion !

 

Lorsque ces deux cordes sont séparées seul l’air passe ; lorsqu’elles frottent, vibrent ou claquent l’une contre l’autre un son est émis.

Leur lubrification est assurée par les glandes salivaires.

Le mécanisme est assuré par deux osselets spécifiques, le corniculé et l’arythénoïde (phonétiquement, une belle analogie avec des instruments de musique !)

La production du vent est assurée par la mécanique respiratoire ; elle se décompose en trois temps : l’inspire, l’expire, l’apnée.

La respiration est gouvernée par le diaphragme.

 

C’est un muscle médian du corps en forme d’ombrelle. Il descend et s’expanse pendant l’inspire. Il revient à son point neutre pendant l’expire.

Ce mouvement est naturel, réflexe. Il peut être contrôlé et dirigé notamment dans l’apprentissage et la pratique du chant.

Il est intéressant de noter que cette fonction rythmique existe depuis les premiers jours de vie embryonnaire.

Egalement se mettent en place pendant cette période embryonnaire les prolongements du diaphragme vers le coccyx d’une part, et d’autre part, vers la base du crâne. Cela implique l’idée que le diaphragme respire avec le corps en entier. L’expression orale utilise le muscle diaphragme, et prend appui sur les pieds, la paume des mains, la base du crâne. Le corps entier devient amplificateur, régulateur, résonateur.

Avec le périné, le diaphragme thoracique constitue un système particulier, en forme de ballon, que l’on appelle le Système Stabilisateur Profond.

Par exemple, ce Système Stabilisateur Profond se met en tension lors de l’appui utilisé pour soulever un objet lourd.

 

Ou bien lors de l’appui utilisé par un chanteur pour monter vers les aigus.

Les musiciens instrumentistes à vent connaissent bien ce système car ils l’utilisent en permanence. Il est le gestionnaire de l’apnée.

 

 

Si l’ensemble du corps est concerné par la fonction orale, il faut noter une mention particulière pour les caisses de résonance de la bouche et du nez.

La langue est apte par sa puissance et ses capacités malléables à produire les voyelles, et les syllabes en percutant sur les dents.

Le palais dur et le palais mou modifient le volume du passage d’air et accentuent les effets résonateurs et volumétriques des sons.

Il en est de même pour les sinus aériens.

La colonne vertébrale également de part sa proximité permet d’optimiser la fonction orale.

Il est par exemple plus facile d’émettre des sons aigus en penchant la tête en arrière.

Il faut enfin donner une mention particulière aux yeux : leur expression émotionnelle et leur fonction de contrôleur de la posture en font un outil de choix pour l’oralité.

 

 

Cette notion de posture nous ramène à celle de globalité du corps.

 

C’est l’ensemble du corps qui respire, résonne et transmet le souffle tandis que deux cordelettes constituant le larynx deviennent son instrument.

 

 

 

 

 

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Qu’est-ce qu’un enfant ? (suite)

 

 

Il y a environ 18 mois, j’écrivais sur ce blog un article répondant à la question, « Qu’est-ce qu’un enfant ? »

Un enfant est transparent et innocent.

Aujourd’hui, j’ajoute qu’un enfant peut aussi être opaque et se sentir coupable d’être né.

L’enfant nait avec le poids de sa culture, de l’histoire de son pays, de sa situation géographique, du contexte politique et social, de l’amour ou du désamour.

Il se construit ainsi dans le ventre maternel.

C’est un enfant blessé s’il a perdu son innocence et sa transparence.

Se pose ici la question de sa guérison, celle que l’on cherche dans l’élan d’une force sans contrainte, celle qui transforme et cicatrise les blessures.

Cette force se trouve toujours en amont du courant de la vie.

Je propose trois naissances à la vie : la troisième est celle de la sortie du ventre maternel (accouchement), la seconde, celle de son entrée dans ce ventre (conception). La première se fait dans l’espace-temps crée par l’heure de la rencontre parentale.

C’est au travers de ces trois naissances que se trouve la force de guérison qui réveille la capacité inhérente à guérir présente en chacun d’entre nous.

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Le cancer du pêcheur

 

Avertissement : il va de soi que les techniques qui renforcent la puissance d’être aident à la guérison en stimulant la capacité innée du corps à s’auto guérir et qu’elles ne remplacent en aucun cas les protocoles de traitements proposés par les services de santé publique.

 

Voici l’histoire d’une rencontre, un point lumineux dans une vie.

 

C’était il y a quelques années. Je passais les vacances à découvrir les îles de La Madeleine. Ces îles sont un chapelet du bout du monde, perdues au milieu du golf du fleuve Saint Laurent, un petit paradis peuplé essentiellement de pêcheurs de langoustes et d’espadons selon la saison.

L’hiver, les phoques viennent y mettre bas leurs bébés, l’été, quelques touristes se promènent au milieu des maisons en bois colorées du Québec et sur les bords des falaises en terre rouge, ou encore sur les plages tapissées de coquillages.

 

Il est midi, et je marche le long d’une falaise.

Le soleil est au zénith, un vent frais anime la houle du golf et la mer vient caresser la terre rouge. Un banc invite à s’asseoir, face au grand bleu et son écume, face aux terres rouges, face à soi-même.

Les pensées vont et viennent, c’est le temps d’une méditation.

 

Comme toujours en voyage on se croit seul au milieu de nul part, et comme toujours, survient un personnage… venu d’ailleurs.

Un homme, environ 50 ans, passe devant moi, s’arrête un peu plus loin, attend, lui aussi face à la mer.

Il m’observe, semble hésiter, fais demi tour et viens s’asseoir à côté de moi.

Il respecte mon silence un certain temps, puis me demande si je suis en train de méditer ! Car un homme seul face à l’eau et au ciel, ne peut selon lui que méditer…

 

Poliment et avec respect, il s’insère progressivement dans mes pensées, et me raconte sa méditation.

 

Cet homme, pêcheur de langoustes et d’espadons, a développé quelques années auparavant un cancer de la gorge, une forme grave et compliquée. Un traitement médical adéquat fut effectué. D’autres traitements de soutien du corps, type acupuncture ou phytothérapie, furent associés.

La maladie ne guérissait pas. Les plaies chirurgicales s’infectaient. Son état général faiblissait. Un glissement progressif vers une issue fatale semblait inéluctable.

 

C’est alors que cet homme a visité sa vie, et qu’une image a éclairé sa pensée : pendant la pêche, son bateau était toujours accompagné d’une nuée de mouettes et d’albatros. Ces oiseaux précèdent et suivent le bateau pour profiter des poissons que le pêcheur rejette, des déchets alimentaires des repas, des abats des poissons préparés… des poubelles en quelque sorte !

 

Ce qu’il a fait ensuite est merveilleux. Il a médité en se visualisant debout, à la proue de son bateau, face à l’océan. Tous les jours, il a appelé les oiseaux, il a ouvert sa bouche, sa gorge, son corps. Il a offert son mal aux oiseaux.

Il lui est arrivé de méditer ainsi sur son bateau en pleine mer.

Et les oiseaux sont venus au festin ! Chaque jour une nuée de mouettes venait becqueter son mal.

Les plaies du pêcheur ont cicatrisé. Il a guéri et navigue encore sur son bateau.

 

Il me raconte son histoire. Ses yeux pétillent de joie et d’espoir. Sa voie est mélodieuse.

Puis il est parti, continuant sa promenade et me disant qu’on ne se reverrait sans doute jamais ici bas !

Je suis resté ébahi, rempli d’un bonheur rare et précieux. J’espère vous le transmettre aujourd’hui.

Nous étions heureux lui et moi de ce partage. Notre accolade d’adieu fut fraternelle et gorgée de gratitude.

Si vous le croisez un jour, il vous racontera sûrement ce que je lui ai confié.

 

 

 

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une naissance déclenchée suivie d’une extraction par forceps.

 

Beaucoup de traitements ressemblent à celui de Florent, décrit précédemment. C’est le cas de Mathilde venue à ma consultation à son 8ème jour avec ses parents pour les mêmes raisons que Florent. Pour Mathilde, la naissance avait été difficile car il avait fallu déclencher les contractions utérines. La dilatation du col s’était faite lentement. Le passage du bébé avait nécessité l’aide d’instruments (forceps) afin de limiter sa souffrance.

Quoiqu’il en soit Mathilde souffre physiquement. La puissance des contractions, la lenteur du passage, l’angoisse de l’entourage, la mettent mal à l’aise. Elle a mal à la tête, au dos, au ventre, respire vite et à l’envers. Donc, elle pleure beaucoup, dort peu, ne trouve pas de position de repos, mange et digère difficilement.

Mathilde cumule deux interventions sur le déroulement de sa naissance : le déclenchement et les forceps.

Le déclenchement (d’autant plus négatif s’il n’y a pas d’indications médicales ou chirurgicales) induit chez l’enfant l’idée que rien ne va, la sensation d’être tout le temps interrompu et contrôlé.

Les forceps induisent un fonctionnement mental du type de « je ne peux pas y arriver par moi-même », et des douleurs de tête, de nuque et des épaules.

(Soyons clair, il n’est pas dans mon propos l’intention de critiquer une attitude et un geste obstétrical ; ce qui a été fait l’a été pour le bien de la mère et de l’enfant ; les forceps leur sauvent la vie ; j’en évoque simplement les conséquences.)

Le traitement paraît simple : il faut compacter les tissus comme pour Florent. Toutefois rien ne fonctionne. Mathilde pleure à chaque fois que je la touche. Elle refuse le traitement. Je sens ses tissus, son corps, se bloquer sous mes mains comme si une armure d’acier la recouvrait et l’envahissait.

C’est alors que j’ai l’idée de changer le décor et le scénario. Quelque chose d’imprévu se passe, il faut créer l’inattendu.

Je propose donc au papa et la maman de Mathilde de s’asseoir côte à côte sur la table de travail et dépose Mathilde dans les bras de sa maman.

L’enfant est ainsi contre le sein de sa mère, baignée d’odeurs rassurantes. Son papa pose sa main sur son dos et lui parle.

Je suis derrière la maman et prends un léger appui contre son dos par l’intermédiaire d’un coussin. Mes mains recouvrent la tête de Mathilde. Elles effleurent à peine les cheveux. Mathilde pleure toujours, elle hoquète.

Ma perception est toujours celle d’une armure en acier, comme si mes mains tenaient fermement cet objet.

Cependant je la touche comme une plume posée sur l’eau. Mathilde se défend toujours tant sa souffrance de naissance est forte………

 

Il a fallu du temps, beaucoup de temps ! Il a fallu tout l’amour des parents de Mathilde pour aider à traverser ce temps. Il a fallu toute ma confiance et ma certitude que sous l’armure, les tissus du corps de Mathilde attendaient cette délivrance.

L’armure représente ici toute la contracture et les blocages de cette naissance, tant sur le plan physique que sur le plan émotionnel.

Elle représente aussi toutes les défenses fabriquées par Mathilde pour arrêter de souffrir.

Enfin, au bout de tout ce temps, Mathilde s’est détendue progressivement, plusieurs profonds soupirs ont calmé ses hoquets et ses pleurs. Elle s’est endormie.

Plus rien ne bougeait. Le temps s’est arrêté. C’était comme lorsque plusieurs personnes sont réunies, discutent, parlent, échangent, jusqu’à l’instant de silence inattendu, imprévu, et que chacun remarque en pensant au fond de lui-même… « Un ange passe » !

Enfin, la respiration de Mathilde devenait calme et sereine ; enfin, je pouvais la toucher sans l’agresser. Elle réclamait le sein de sa mère et pendant son repas, la conversation a permis de mettre des mots sur ce qui s’était passé.

Mathilde a réalisé sa capacité de réaction dans des situations difficiles, et sa confiance en son corps dans ces moments-là. Sa maman a compris qu’elle n’était en rien responsable de tout ce qui était arrivé.

J’ai apprécié ce travail et je remercie les parents de m’avoir ouvert cet espace d’amour pour que le traitement puisse être efficace.

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