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Une histoire à l’envers…

 …car la consultation se déroule à la fin de l’histoire.

Il est arrivé dans le ventre en même temps que sa sœur et sa vie d’embryon a débuté dans le cocon de l’endomètre utérin.

Il a su qu’elle n’était pas là et ne viendrait pas.

Sans attendre il a choisi son chemin pour vivre.

A cinq semaines de grossesse, maman a vécu l’angoisse et la douleur d’une grossesse extra-utérine.

Et lui, s’est tapis dans le secret de la paroi utérine tandis que sa sœur quittait le chemin et que sa mère, sous anesthésie générale, avait disparue.

Il a vrillé son placenta pour s’accrocher mieux…et, le « miraculé », est arrivé au terme.

Seul le placenta n’a pas suivi. Il a fallu le délivrer par un geste chirurgical afin d’éviter une hémorragie fatale.

 

Il est vivant, entouré, conscient de ce à travers quoi il est passé.

Il intègre les inquiétudes de maman, avec celles de papa.

Il décide de grandir vite, d’être un grand et sérieux garçon dès à présent.

Il sent qu’ils ont besoin d’aide.

Il ne dort plus.

Voici le symptôme prétexte à la consultation ostéopathique.

Il ne dort plus parce qu’il veille et protège ses parents.

Il veut porter pour soulager, capter pour transmuter, leur deuil, leur inquiétude, cette expérience douloureuse.

 

C’est au prix de son enfance sans jeu qu’il entretient sa blessure d’embryon.

 

Et c’est dans cet instant que l’ostéopathe doit connaître la conscience du geste et celle de l’intention, sans jugement ni à priori.

Il doit trouver un état d’observateur et de neutralité pour comprendre les mouvements, les formes, la qualité vitale, qui s’ouvrent sous la main.

Il doit être lucide, chercher la cause, et trouver le processus thérapeutique qui guérit.

Dr Patrick Jouhaud.

 

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Les plagiocéphalies du jeune enfant

 

Cet article a pour but de définir la plagiocéphalie de l’enfant ainsi que ses origines.

Il en découle un processus thérapeutique ostéopathique.

 

La définition de la plagiocéphalie vient de l’association de deux mots grecs « plagio » qui veut dire oblique, et « kephale » qui veut dire tête.

Il s’agit donc d’un crâne asymétrique subissant un aplatissement unilatéral sur sa partie antérieure ou sur sa partie postérieure.

 

Pour ce qui concerne les étiologies organiques il faut écarter la crâniosténose. C’est une fermeture ante natale d’une ou de plusieurs sutures crâniennes. La crâniosténose correspond vraisemblablement à une maladie des sutures et n’est pas du domaine des plagiocéphalies ostéopathiques.

Les étiologies qui concernent l’ostéopathie sont en majorité postérieures. Elles ont une origine positionnelle intra utérine et posturale.

 

 

De fait le crâne doit pouvoir se déformer puisqu’à la naissance les os du crâne de l’enfant sont tous disjoints et de nombreuses fontanelles en émaillent le pourtour.

 

Les déformations dont l’origine est ante natale sont les plus importantes et les plus difficiles à soigner. Elles ne sont pas toujours perceptibles ni visibles à la naissance et se développent rapidement dans les premières semaines de la vie du nourrisson.

 

Elles sont différentes des déformations per natales qui se produisent pendant l’accouchement. Celles-ci pourront être corrigées par un seul traitement ostéopathique.

 

Lorsqu’elles sont d’origine per natales, elles sont provoquées par les circonstances de l’accouchement qu’il soit long, difficile, qu’il soit entravé par un problème de bassin de la maman …  Bref, quelles que soient les circonstances de la naissance, quelles que soient les présentations de tête de l’enfant par occiput antérieur ou postérieur, frontal ou de face, par l’utilisation d’instruments aidant à l’extraction et limitant la souffrance de l’enfant, ces déformations per natales sont toujours visibles à la naissance, souvent accompagnées d’une souffrance immédiate et relèvent d’un traitement ostéopathique immédiatement efficace.

 

Les déformations les plus complexes apparaissent après la naissance. Elles sont la plupart du temps d’origine ante natale, conséquence d’un conflit d’espace, soit par rapport à une multiparité, soit par rapport à des présentations à caractère dystocique.

 

Elles sont majeures, car en augmentation de fréquence considérable dans nos sociétés occidentales. Elles sont révélées par le décubitus dorsal systématique lié à la prévention des morts subites inopinées des nourrissons.

 

 

Elles ne se corrigent pas spontanément et sont toujours du ressort d’un traitement manuel.

 

Le crâne est normal à la naissance ou bien il est déformé par une contrainte. Ces situations sont plus fréquentes chez les garçons que chez les filles et plus fréquentes sur le côté droit que sur le côté gauche ; elles sont favorisées par un torticolis de naissance ou un latérocolis.

 

Elles sont observées si un méplat est présent sur un des deux côtés de l’occiput et si une obliquité est constatée dans l’axe frontal des oreilles. Les plus importantes se manifestent avec une incidence sur la face provoquant une scoliose du visage ainsi qu’une bosse frontale.

 

Le diagnostic différentiel reste la synostose lambdoïde, rare, visible dès la naissance et qui s’exprime par un aplatissement aigu de l’occiput.

 

Pour ce qui concerne les traitements, il faut noter pour mémoire la possibilité d’utiliser des orthèses crâniennes, traitement qui est contraignant, peu efficace et onéreux.

 

Le traitement manuel doit toujours être accompagné de consignes posturales précoces données aux parents : coucher l’enfant en décubitus ¾ opposé à la déformation, le stimuler de façon à ce qu’il tourne toujours sa tête vers son côté difficile, l’alimenter par une approche bilatérale et lui autoriser une position en décubitus ventral au-delà de l’âge de 6 mois.

 

La prise en charge ostéopathique est caractérisée par un modelage de la dure-mère crânienne et une libération de toutes les tensions des bandelettes durales ayant subi le moulage intra-utérin.

 

Toutes les sutures crâniennes sont ainsi déverrouillées.

Le sphénoïde et l’articulation entre l’occiput et le sphénoïde sont également libérés.

 

Il faut, en outre, tenir compte des contraintes périphériques provoquées par celles de la vie fœtale et considérer l’enfant dans sa globalité par rapport à sa posture.

Le latérocolis, voire le torticolis, et donc la déformation crânienne, pourra être provoqué par des contraintes de bassin, d’abdomen ou de thorax.

 

 

Par conséquent, la prise en charge ostéopathique sera toujours globale avec un traitement tissulaire associé parfois à un traitement de relâchement myofascial. Ces traitements s’adressent à l’ensemble du corps du nouveau-né. Techniquement, il s’agit d’une approche manuelle avec une main sous la tête, une main sous le bassin, reproduisant le core-link dans l’élaboration d’un processus thérapeutique synchronisant le lien entre l’occiput et le sacrum.

 

 

 

 

La pression des mains doit toujours être adaptée si tant est qu’il doit y avoir pression des mains.

Une direction sera donnée par l’information tissulaire et la connaissance anatomique de l’enfant ; cette direction devra être suivie.

 

Egalement, la vitesse avec laquelle les tissus de l’enfant informent de la direction à suivre, doit être respectée. Les mains doivent suivre et respecter les arrêts des mouvements ainsi que les reprises.

Il faut être prêt à tout changement de rythme et de direction.

 

La règle est de savoir faire plus, de savoir faire moins, et de savoir attendre.

 

En conclusion, la prise en charge ostéopathique des plagiocéphalies du jeune enfant est préventive pour le devenir du visage de l’enfant ainsi que celui de sa posture. Il est indispensable d’avoir comme objectif de supprimer la présence d’une scoliose du visage. L’enjeu est de prévenir la survenue d’une scoliose de l’adolescent.

 

Lorsqu’il s’agit des plagiocéphalies d’origine ante natale il est important de donner trois ou quatre traitements par an pendant les deux premières années si cela s’avère nécessaire. La répétition des traitements s’explique par l’accompagnement de la croissance rapide du crâne entre la naissance et 2 ans.

 

Le pronostic est excellent avec un résultat esthétique et fonctionnel parfait surtout si la prise en charge est faite avant l’âge de 6 mois.

Au-delà de 2 ans le traitement devient difficile et nécessite d’accompagner l’enfant pendant toute sa croissance.

Dr Patrick JOUHAUD

 

 

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la course à l’inquiétude

Histoire de bébé…

Paula, 2 mois, ne dort pas, et surtout ne dort plus depuis un mois. La nuit comme la journée, les seuls instants de sommeil sont dans le porte-bébé, au contact de sa maman.

L’examen médical ainsi que les tests ostéopathiques ne montrent rien de particulier en rapport avec une souffrance. Tout au plus, mes mains perçoivent une tension de toute la zone du diaphragme.

A mon invitation, Madame Maman raconte l’histoire de son accouchement : le dernier jour du terme, une poussée d’hypertension, la décision de déclencher la naissance, l’immobilité du bébé qui ne veux pas descendre, la ralentissement des battements de son cœur, enfin, la césarienne en urgence….toutes ces paroles traversent un torrent de larmes et un mur d’émotions rentrées…et puis vient la peur par rapport à la cicatrice et une autre chirurgie plus ancienne…et encore le souvenir douloureux de deux fausses couches précédentes, les angoisses pendant la gestation de Paula…

Paula boit de ses yeux les mots de Maman, pleure avec elle, me regarde, sourit à mes paroles apaisantes, retourne ce sourire vers Maman.

La tension perçue par mes mains sur son plexus est celle des « boules à l’estomac » provoquées par la peur. Elle s’apaise au fur et à mesure du déroulement de l’histoire racontée. Paula comprends, entends le pourquoi des angoisses de sa maman.

De fait, Paula ne dort pas parce qu’elle s’inquiète pour sa maman ; si elle ne la voit pas de quelques instants, elle l’appelle uniquement pour voir son visage et être rassurée…et cela ne suffit pas car ce visage se présente avec les rides et les yeux de l’angoisse. A peine calmée, Paula s’interroge et veux à nouveau savoir, impossible de s’endormir !

Ainsi, Madame Maman, si votre enfant ne dort pas, montrez lui d’abord votre visage apaisé, souriant, donnez-lui une voix douce et calme, et après, après seulement, vous lui demanderez ce qui ne va pas, vous pourrez le prendre dans vos bras et aurez le geste sûr et juste.

 

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Bébé d’Ostéopathe : la culpabilité parentale

 

Léana, 7 jours, vient au cabinet avec ses parents, car elle a beaucoup de coliques et dort très peu.

Elle est née par césarienne programmée du fait d’une présentation en siège. Ce geste est couramment pratiqué par les obstétriciens car il permet d’éviter les risques liés à une naissance avec présentation dystocique du bébé.

Remarque : Une césarienne est une intervention chirurgicale visant à extraire un enfant de l’utérus maternel par incision de la paroi utérine. Le mot « césarienne » dérive du latin caesar qui veut dire enfant né par incision, (du verbe caedere : couper, inciser) d’où viendrait le surnom porté par Jules César (qu’il a hérité d’un de ses ancêtres qui, lui, serait né par césarienne).

La position en siège du fœtus ferme son bassin et son ventre, crée une contrainte sur les intestins et l’estomac qui parfois est refoulé vers le haut, responsable alors d’un reflux gastro-œsophagien. Outre les difficultés digestives, l’enfant peut avoir une pathologie de hanches et se présente toujours en flexion antérieure (penché en avant).

Dans le cas présent, le traitement ostéopathique « démêle » les contraintes tissulaires. Léana se redresse et commence à prendre appuis sur son diaphragme.

Cependant, les questions des parents se font pressantes : « elle n’a pas choisi le moment de sa naissance », « elle n’est pas née normalement », « il lui manque quelque chose de ne pas être passée par les voies naturelles » (sous-entendu, elle n’a pas souffert et ça va lui manquer !)…, « elle s’endort en prenant son repas »….

A ces mots, l’ambiance devient tendue et lourde. Madame Culpabilité fait son entrée, accompagnée de Mr Remord tandis que la Star Colère et ses fans du club des Agacés préparent leur fanfare !

Léana se referme et j’ai la sensation qu’elle se raccroche dans le ventre maternel (d’ailleurs à cet instant, maman touche sa cicatrice qui lui fait mal et papa se gratte la tête !).

Je lis dans son regard et perçoit dans mes mains un appel : « aide-les ! », tandis que le corps de Léana se tourne vers ses Parents, comme pour leur parler.

Le dialogue est de dire que, quelles que soient les circonstances, l’enfant choisit toujours sa date de naissance, l’équipe obstétricale prend toujours les bonnes décisions au bon moment dans le but de protéger la vie de la mère et de l’enfant ainsi que de limiter la souffrance. Les mots atténuent les maux inconscients générés par la souffrance biblique de l’enfantement, etc., etc……

Un dialogue du cœur s’installe.

J’ai l’impression de faire renaître Léana dans la détente et le sourire. Maman n’a plus mal au ventre, Papa ne se prend plus la tête et même plaisante… un ange passe… et Léana, jusqu’alors en position verticale entre mes mains, en profite pour se pencher sur un côté, prend appuis sur son diaphragme, et utilise le contact de mes mains pour effectuer le retournement qu’elle n’a pas fait avant l’accouchement !

Un échange de regard entre nous tous délivre la fin du traitement.

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Bébés d’ostéopathe: lettre à une nouvelle maman

Chère nouvelle maman,

Le bébé que vous attendiez est là et vos rêves, « bien plus bleus que la vie », deviennent une réalité. « Le plus beau jour est celui d’aujourd’hui ». La réalité de la vie peut être une briseuse de rêves et si votre bébé a des difficultés à se nourrir, lisez ce qui suit.

Il n’est rien de meilleur que le lait d’une maman pour son enfant et un enfant ne se laisse jamais mourir de faim. N’écoutez pas les voix culpabilisantes qui évoquent le fait que votre lait n’est pas bon ou que vous n’en n’avez pas assez. C’est faux ! Ne pensez pas que votre enfant est fainéant. C’est faux !

Il arrive souvent que le nouveau-né ait du mal à se mettre au sein, à stimuler ainsi la montée de lait, parce qu’il a une anomalie de fonction de la langue.

Normalement, sa langue doit s’incurver en gouttière pour happer et sucer le mamelon. S’il l’échappe sans cesse, si celui-ci roule dans sa bouche, si vous avez des irritations, voire des crevasses, si la durée du repas est de dix minutes ou d’une heure, si bébé n’est jamais rassasié…c’est que la succion n’est pas efficace.

Egalement, si vous le nourrissez au biberon, il va mal contrôler le débit de la tétine. Trop de lait dans la bouche va provoquer une sensation de noyade et au mieux, du lait va s’écouler de part et d’autre de ses lèvres. Pas assez, l’air est avalé avec le lait.

Dans tous les cas de figure, l’enfant s’agace, vous agace, pleure. Ses coliques deviennent fortes et douloureuses. La vie à la maison peut vite devenir un cauchemar.

Le réflexe de succion fait partie d’un set de réflexes dits « primitifs » qui équipent le nouveau-né. Il est automatique et existe avant la naissance. Ce réflexe peut ne pas exister ou être perturbé pour diverses raisons.

Sachez chère nouvelle maman qu’un traitement ostéopathique précoce pourra vous libérer de cette difficulté. C’est un traitement délicat qui s’adresse à la fois aux muscles de la langue, à la mâchoire, et à l’arrière de la tête (zone d’émergence du nerf de la langue). C’est un traitement que vous saurez compléter par la meilleure des stimulations de la langue, la parole.

L’instant du repas restera ainsi celui d’un échange amoureux extrêmement fort et incroyablement prés.

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Stress et sentiment d’abandon.

Les situations de stress d’un enfant prennent parfois des dimensions dramatiques, c’est le cas de Rémi, 2 ans. Il vient à ma consultation accompagné par ses parents adoptifs.

 

Nous n’avons aucun renseignement sur la naissance ainsi que sur les parents biologiques de Rémi.

Simplement cet enfant décline sa vie de colères en colères et refuse de manger. Il prend donc peu de poids et son développement commence à accuser un certain retard.

 

Son bilan médical et biologique est normal.

 

De façon surprenante pour un enfant de 2 ans, Rémi s’allonge docilement sur la table et se laisse examiner, docilement, et même passivement !

C’est comme si rien ne l’intéresse. Je crois pouvoir commencer un traitement ostéopathique et rien ne se produit pendant un long moment : aucune sensation de blocage, aucun diagnostic de restriction, aucune tension.

 

J’ai toujours retrouvé ce paradoxe chez les enfants abandonnés.

 

Au premier contact, l’enfant ne montre rien si ce n’est son indifférence.

 

J’ai vécu ce paradoxe en traitant les enfants d’un orphelinat au Cambodge. Nous étions trois ostéopathes à travailler, et, à la fin de la première journée de consultation, nous avions tous les trois des bilans ostéopathiques quasi normaux et satisfaisants.

Les enfants défilaient sous nos mains avec un sourire et de grands yeux tristes, nous remerciaient et repartaient.

J’ai décidé alors de reprendre le travail en centrant notre attention uniquement sur les zones émotionnelles du corps.

 

Ce fût une énorme surprise : immédiatement la sensation d’un volume sans forme organisée, avec la consistance d’une pierre (tombale ?), venait entre les mains.

Dans le même instant la respiration de l’enfant devenait superficielle, voire haletante.

 

Le traitement a consisté à contrôler et tenir cette forme jusqu’à ce que la respiration de l’enfant redevienne normale et apaisée, jusqu’à ce que cette densité disparaisse.

Souvent, à la fin du traitement, l’enfant s’endormait.

 

C’est donc cette même expérience qui m’a aidé à traiter Rémi.

Désormais, il réclame lui-même un traitement régulièrement.

Onze ans plus tard, l’approche de la puberté a créé les conditions d’une nouvelle naissance.

Sa souffrance primitive s’est réinstallée.

 

J’ai alors utilisé la verbalisation, tout en conservant le contact entre mes mains et sa tête, comme avec Florent, m’adressant ici directement à Rémi. Je lui ai demandé de me parler de sa naissance.

Son silence interloqué a été accompagné dans mon toucher par la transformation d’une sensation amorphe et dense comme une pierre en celles de tentacules animés.

Puis il a parlé, comme s’il racontait un vieux rêve…

 

Les mouvements paradoxaux sous mes mains se sont arrêtés et Rémi s’est endormi.

Il a demandé les jours suivants à visiter son Pays natal.

 

 

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Ostéopathie autour de la prime enfance et de la grossesse (4).

Les nouveaux-nés

La tête du nouveau-né doit considérablement réduire sa taille pour passer à travers le canal de naissance ; la forme de la tête change et l’ensemble des structures crâniennes se surchappent de façon à faciliter le passage. Si ce modelage est important, dure longtemps, ou bien si sur l’une ou l’autre de ce passage le naissant subit une pression excessive (cf les limitations de mobilité du pelvis de la maman), la tête des nouveaux-nés ne retrouvera pas sa forme normale après l’accouchement.

 

L’utilisation de forceps ou de ventouses a peu ou pas d’incidence sur les déformations de la tête puisque ces instruments sont utilisés pour sauver l’enfant et le libérer des contraintes pré-existantes.

Les structures crâniennes que se soient les membranes (méninges) ou bien l’ensemble du système neurologique sous-jacent peut subir la contrainte ainsi qu’une certaine irritation ; l’ensemble des nerfs crâniens émergeant sous la base du crâne peuvent être touchés par ces mêmes contraintes et à l’origine d’un certain nombre de problèmes pathologiques.

 

– les enfants coléreux, irritables, agacés. Il leur faut longtemps pour se nourrir ou pour s’endormir, ils pleurent beaucoup, ils s’endorment et/ou se nourrissent toujours dans la même position. Ces bébés n’ont pas de confort de tête et ont du mal à s’allonger ce qui fait qu’ils préfèrent la plupart du temps être portés dans les bras.

 

– le repas du bébé peut durer longtemps. Ceci est en rapport soit avec une inversion du réflexe de la langue soit en rapport avec une gêne du réflexe de la déglutition. Les deux sont souvent à l’origine de difficultés de succion et de déglutition qui provoquent chez la mère des crevasses du mamelon, une difficulté de la mise au sein et des déglutitions accompagnées d’air. Les repas deviennent longs et inconfortables, l’enfant s’endort au bout de quelques minutes et demande rapidement non pas le repas suivant mais la fin du repas en cours.

Dans certaines circonstances lorsque le bébé est nourri au biberon, le bébé n’arrive pas toujours à déglutir la quantité de lait dans sa bouche qui déborde ou bien déglutit beaucoup d’air.

 

– Régurgitations, coliques et gaz. Toujours pour les mêmes raisons l’estomac peut être irrité, gonflé par de l’aérophagie et le diaphragme peut ne pas effectuer son travail de respiration correctement. Toutes ces irritations sont à l’origine de coliques, de gaz, d’un ventre proéminent et parfois dur etc…

 

– Les problèmes de développement ultérieurs. Les enfants qui ont subi de telles contraintes au niveau de la tête comme au niveau de l’ensemble de leur corps vont présenter ultérieurement des problèmes O.R.L à répétition (otites, rhino-pharyngites, etc…), des problèmes oculaires, ainsi que des problèmes de comportement.

Un ensemble de réflexes dits primitifs présents à la naissance qui doivent disparaître au cours de la 1ère année pour laisser place à des réflexes de posture, peut anormalement perdurer et gêner la croissance neuro-fonctionnelle de l’enfant.

Les traitements ostéopathiques effectués le plus tôt possible après la naissance sont des traitements qui prennent en compte à la fois la tête du nouveau-né, l’ensemble de son corps et la relation entre le bassin et la tête du nouveau-né. Ces traitements utilisent des techniques extrêmement douces et non douloureuses, parfaitement tolérées et acceptées par le bébé qui à l’issue de tels traitements peut parfois tomber dans un long sommeil pendant ou après le traitement. Il arrive parfois cependant que les bébés réagissent à l’inverse car ces traitements permettent l’élimination de toxines musculaires (acide pyruvique) accumulées pendant cette épreuve de naissance (identique à nos courbatures). Les traitements ostéopathiques effectués chez la femme enceinte lorsqu’il existe des lombalgies et des sciatiques de grossesse ou bien lorsqu’il existe une dystocie de présentation sont également des techniques douces et sans dangers ; elles peuvent permettre une meilleure délivrance et, lorsqu’il n’y a pas de raison obstétricale sous-jacente, permettent un repositionnement correct du bébé avant sa naissance, ainsi qu’un soulagement des douleurs de la maman.

Enfin les traitements ostéopathiques après l’accouchement sont des traitements qui permettent de remodeler un bassin identique à ce qu’il était avant la grossesse et donc de rééquilibrer la posture de la maman.

L’ensemble de ces traitements sont bien évidemment conseillés de façon préventive de sorte à supprimer ou atténuer les contraintes traumatiques signalées au début de cet exposé.

 

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